Nigeria : Réapparition de la grippe aviaire, abattage en cours

Des équipes de vétérinaires nigérians étaient à l’oeuvre vendredi pour abattre des milliers d’oiseaux dans deux Etats du nord du pays afin de tenter d’endiguer la propagation de nouveaux cas du virus mortel H5N1.

Le Nigeria a été le premier pays à enregistrer des cas de grippe aviaire lorsque l’épidémie s’est propagée de l’Asie vers l’Afrique, l’année dernière. Les équipes vétérinaires dépêchées par le gouvernement nigérian ont abattu plus de 900 000 volatiles en 2005, selon le ministère de l’Agriculture.

Mais l’épidémie n’a jamais été totalement éradiquée et des cas ont été détectés en septembre dernier, dans la banlieue de Lagos, la principale ville du Nigeria.

Junaid Maina, directeur de l’élevage et de la lutte antiparasitaire, a affirmé qu’un nouveau foyer de grippe aviaire avait été découvert la semaine dernière dans le nord-ouest de l’Etat de Sokoto et à proximité de l’Etat de Katsina, à 800 kilomètres au nord-est d’Abuja.

« Nos équipes ont été dépêchées sur place et procèdent à l’abattage des volailles », a précisé M. Maina.

Les volatiles porteurs du virus à Sokoto sont les premiers cas de grippe aviaire jamais recensés dans cet Etat de l’extrême nord du pays, alors que Katsina figure parmi les 14 Etats, sur les 36 que compte le Nigeria, à avoir été touchés par l’épizootie, l’année dernière.

Plus de 18 000 gallinacés ont été abattus dans ces deux Etats depuis le début de la semaine passée. En outre, plus de 15 000 volailles ont été tuées à Sokoto seulement, a déclaré un des responsables de l’opération.

Les aviculteurs dédommagés

La plupart des foyers de l’épidémie ont été détectés, non pas chez des petits éleveurs, mais au sein des exploitations commerciales. Le gouvernement s’est engagé à dédommager immédiatement les aviculteurs victimes de la grippe aviaire, a signalé un responsable.

« Nous abattrons tout cas d’oiseau suspecté d’être porteur du virus et nous verserons des compensations aux éleveurs », a-t-il affirmé.

Ce programme d’indemnisations a été mis en place grâce à un soutien de la Banque mondiale et s’adresse à tous les aviculteurs du pays, touchés par les abattages de volailles pour cause de grippe aviaire.

Les scientifiques craignent que le virus mortel H5N1, qui affecte principalement les oiseaux, mais qui a causé la mort de plus d’une centaine d’hommes, ne mute en une souche hautement contagieuse chez l’homme et ne se propage à l’échelle mondiale.

Plus de 600 responsables sanitaires ont été formés au Nigeria grâce à un programme financé par l’Union européenne (UE) et l’Organisation mondiale de l’agriculture et de l’alimentation (FAO). Cette formation s’inscrit dans le cadre d’un programme national de surveillance et de diagnostic de l’épizootie.

Des experts seront dépêchés sur l’ensemble du territoire nigérian au cours du mois de janvier, ont conclu des responsables de l’agriculture.

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