Nigeria : les Etats-Unis envoient des drones pour retrouver les lycéennes

Des drones américains Global Hawk sont déployés au Nigeria

Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi, avoir déployé des drones au Nigeria pour aider à la recherche des 223 lycéennes enlevées à la mi-avril.

Le Pentagone a annoncé avoir déployé des drones sur le territoire nigérian, ce mercredi, pour tenter de retrouver les plus de 200 lycéennes enlevées par Boko Haram. Après Michelle Obama et le pape François, les messages de soutiens à ces jeunes filles se multiplient. Le prix Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka a appelé le Président Goodluck Jonathan à ne pas négocier avec Boko Haram.

Des drones « non armés »

Les Américains ont envoyé sur le terrain des drones Global Hawk, capable de voler à haute altitude plus que des avions MC-12 de surveillance, beaucoup utilisés en Afghanistan. Cet arsenal va être utilisé sans armement, précisent les autorités. « Nous continuons à travailler avec les Nigérians pour les aider à localiser les lycéennes. Nous ne savons vraiment pas où (elles) se trouvent », a précisé un responsable militaire, cité par l’AFP. Il a encore indiqué que la zone couverte par les recherches fait près de 60 000 km². Des drones américains Global Hawk sont déployés au Nigeria

Le président de la République Goodluck Jonathan voit les soutiens internationaux se multiplier. Après l’aide française, américaine et anglaise, ce sont Israël et la Chine qui ont apporté un soutien logistique ou humain. Cette interventionnisme étranger croissant met en lumière les faiblesses de ce pays le plus peuplé d’Afrique, ainsi que le manque de maîtrise et l’impuissance de son Président. L’ONG Amnesty International a d’ailleurs accusé l’armée d’avoir été prévenue de l’attaque de Boko Haram à la mi-avril, qui a entraîné le rapt de 276 lycéennes, sans intervenir.

« Les gens souffrent depuis très longtemps »

Goodluck Jonathan et son gouvernement « doivent faire très, très attention, parce que les gens souffrent depuis très, très longtemps », a récemment déclaré le prix Nobel de littérature Wole Soyinka, à l’AFP. Et si les manifestations continuent, le gouvernement « ferait mieux de ne pas essayer de les empêcher », indique-t-il, alors que certains rassemblements avaient pu être perturbés par l’intervention de la police.

Des personnalités comme Michelle Obama, la Première dame des Etats-Unis et le pape François ont déjà apporté leur soutien aux captives. Wole Soyinka a estimé que Boko Haram était « une espèce inférieure à l’être humain », en abordant la question du dialogue entre les autorités et le chef de cette secte, Abubakar Shekau. Il est « très religieux et très drogué », a insisté le prix Nobel de littérature en 1986. « Comment peut-on dialoguer avec une telle obscénité ? », a-t-il conclu.