Nigeria : le choléra frappe le nord-ouest, huit morts et des centaines de malades


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Bactérie du choléra
Bactérie du choléra

Au Nigeria, une épidémie de choléra a déjà fait huit morts et plus de 200 malades dans l’État de Zamfara. La maladie frappe des communautés rurales démunies, privées d’infrastructures médicales et de médicaments. L’insécurité, due aux attaques des groupes armés, complique l’acheminement de l’aide et empêche une riposte efficace. Le choléra, pourtant traitable, continue de faire des victimes faute d’accès à l’eau potable et aux soins. Les autorités sont appelées à intervenir en urgence pour éviter une aggravation de la crise sanitaire.

Une nouvelle épidémie de choléra secoue l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria. Dans le district de Bukkuyum, au moins huit personnes ont perdu la vie et plus de 200 autres ont été infectées, selon les habitants et responsables locaux. La propagation rapide de la maladie à travers 11 communautés révèle une fois encore la vulnérabilité sanitaire d’une région déjà marquée par l’insécurité et la pauvreté.

Des communautés rurales démunies face à la maladie

Le choléra s’est déclaré dans plusieurs villages, dont Nasarawa-Burkullu, Gurusu et Adabka, où les infrastructures médicales sont quasi inexistantes. Faute de centres de santé équipés, de nombreux malades sont soignés à domicile. Le chef du village de Gurusu, Muhammad Jibci, rapporte que plus de 21 patients sont hospitalisés, mais trois sont déjà morts faute d’avoir pu atteindre l’hôpital général de Nasarawa à temps.

La situation est encore plus critique dans d’autres localités. Ya’u Umar, un habitant, déplore l’absence de médicaments et de perfusions : « Nous n’avons rien pour traiter les malades, et les bandits nous empêchent d’aller chercher de l’aide en ville », témoigne-t-il.

L’insécurité, un frein majeur à la riposte

L’État de Zamfara est devenu l’épicentre des violences perpétrées par des groupes armés locaux, communément appelés « bandits ». Ces derniers multiplient enlèvements, attaques et extorsions, rendant périlleux les déplacements et l’acheminement de matériel médical. Dans ce climat, les équipes de santé peinent à déployer une riposte efficace, malgré les campagnes de sensibilisation et la distribution de chlore pour traiter l’eau.

Le choléra, maladie hydrique transmise par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, n’est pas une nouveauté au Nigeria. Régulièrement, des flambées touchent les zones rurales et les quartiers urbains défavorisés où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste limité. Pourtant, la maladie est parfaitement traitable : une réhydratation rapide, orale ou intraveineuse, suffit généralement à sauver les patients. Mais l’inefficacité du système de santé et les conditions de vie précaires aggravent la mortalité.

Appels à une intervention urgente

Face à l’urgence, le député fédéral Sulaiman Abubakar Gumi a exhorté les autorités et les ONG internationales à agir sans délai. Il prévient : « Tout retard coûtera davantage de vies, notamment parmi les femmes et les enfants. » Les habitants réclament l’ouverture de centres de traitement dédiés et l’arrivée d’équipes d’intervention d’urgence, capables de travailler malgré l’insécurité.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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