Nigeria : l’escalade de la violence se poursuit

Regain de tensions au Nigeria. La ville d’Okene, dans le Sud-Est du pays a instauré un couvre-feu après deux assauts sanglants. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton se rend aujourd’hui dans ce pays, le plus peuplé d’Afrique, avant de se rendre au Ghana.

L’escalade de la violence se poursuit au Nigeria. Un couvre-feu nocturne a été annoncé par le gouvernement dans la ville d’Okene, dans l’Etat de Kogi, au Sud-Est du pays où plus de 23 personnes ont été tuées depuis le début de la semaine.

Tout a commencé lundi 6 août quand des hommes sont entrés dans une église et ont tué 19 personnes. Le lendemain, plusieurs personnes dont deux militaires ont péri dans une attaque aux environs d’une mosquée. Aucun des deux assauts n’a été revendiqué mais de forts soupçons pèsent sur l’organisation terroriste Boko Haram. La secte islamiste fait régner la terreur en s’en prenant aux civils et à la police depuis plus de deux ans. Ce groupe réclame l’application de la Charia dans tout le pays.

Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme

L’ONG Human Rights Watch a d’ailleurs profité de la visite de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton au Nigeria pour mettre cette situation critique sous les feux des projecteurs. Dans son rapport, l’organisme met dos à dos la mouvance islamiste et les forces de l’ordre. Celles-ci seraient coupables, selon le rapport, d’exactions envers les civils et tueraient, sans aucun jugement, des personnes prisonnières suspectées d’appartenir à de Boko Haram. « Le Nigeria fait face à une hausse des violences et une anarchie qui a ruiné la vie de milliers de Nigérians », selon le rapport de Human rights watch.

Depuis 2010, près de 1 400 personnes sont décédées suite à des violences entre musulmans et chrétiens au Nigeria. Dans un pays gangréné par la corruption et où la manne pétrolière ne profite pas à la population, l’insatisfaction sociale règne et des revendications ethniques et religieuses ont donc logiquement émergé. L’organisation humanitaire a expliqué les raisons profondes du mécontentement dans le pays dans une lettre ouverte adressée à la secrétaire d’Etat américaine.

Selon le président de Human rights watch en Afrique, Daniel Bekele, les problèmes « se sont accrus au Nord – la région la plus démunie du pays – où la pauvreté et le chômage maintenus par la corruption ainsi que les exactions couvertes par l’Etat ont créé un environnement dans lequel des groupes militants prospèrent. »

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