Nigeria : l’économie nationale victime de la crise pétrolière

Le Nigeria procède à un déconfinement partiel et progressif, à compter de ce lundi. L’avenir s’annonce assez sombre pour l’économie nationale qui connait sa deuxième crise en quatre ans.

La crise sanitaire à laquelle fait actuellement face le monde a presque mis à genoux l’économie nigériane. La pandémie n’est pourtant que la deuxième cause du problème, car c’est la chute des cours du pétrole qui a fait le plus de ravages. Une réorganisation par l’Etat fédéral a été nécessaire pour éviter le pire. Au nombre des différentes mesures prises, figure la baisse des dotations de 20 à 25%, des ministères et des entreprises publiques.

Lire aussi :Covid-19 : une récession mondiale qui pourrait mettre en faillite la plupart des Etats pétroliers

Vue l’urgence de la situation, il a également fallu couper l’équivalent de 5 milliards de dollars dans le budget. En outre, le FMI (Fonds Monétaire International) avait donné son accord, le 28 avril, pour que soit débloquée en faveur du Nigeria, une aide d’urgence de 3,4 milliards de dollars. Bien que conséquente, cette aide, correspondant à 0,8% du PIB (Produit Intérieur Brut) nigérian, demeure insuffisante.

Une absence d’autonomie alimentaire qui pose question

L’économie nigériane est fortement tributaire du pétrole, car ce dernier constitue 90% des recettes en devises. Il va sans dire que lorsque les cours sont défavorables, tout est au plus mal. Le Nigeria n’est pas autonome sur le plan alimentaire et l’importation annuelle de denrées comme le riz et le blé est indispensable. Les deux tiers des deux cents millions d’âmes qui peuplent le Nigeria vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Le lancement du déconfinement ne s’applique pas à l’Etat de Kano. Les frontières entre les Etats ne seront pas rouvertes et le couvre-feu sera maintenu. Dès ce lundi soir, un couvre-feu de 20 h à 6 h du matin entrera en vigueur. Par ailleurs, tous les citoyens devront obligatoirement porter des masques faciaux pour circuler. Ce déconfinement viendra, en outre, mettre un terme au spectre des pillages et autres incidents enregistrés dans le pays au cours du confinement. La reprise progressive des activités économiques ne sera en somme, que bénéfique pour le pays.