Nigeria : à la recherche des otages du Bourbon Alexandre

Dans la nuit du 21 au 22 septembre, quatre membres de l’équipage du Bourbon Alexandre (trois Français et un Thaïlandais), un ravitailleur pétrolier, ont été enlevés au large du Nigeria. Hier, dans un communiqué, les rebelles du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend) ont affirmé avoir localisé les otages et être en pourparlers avec leurs ravisseurs pour que ceux-ci leur en transfèrent la garde. Paris privilégie la piste des pirates.

Et une prise d’otage en plus. Le Mend, mouvement séparatiste du sud du Nigeria a annoncé hier savoir où se trouvaient les trois Français et le Thaïlandais enlevés dans la nuit du 21 au 22 septembre au large des côtes nigérianes. « Nous sommes en négociations avec les ravisseurs pour transférer ces hommes sous la garde du Mend », a ajouté le groupe rebelle qui n’as pas donné de détails sur l’identité des preneurs d’otages.

L’attaque du ravitailleur de plate-forme pétrolière de la société Bourbon, battant pavillon français, s’est produite dans la nuit de mardi à mercredi sur le champ pétrolier d’Addax, au large du Nigeria. Quatre canots rapides, avec sept à huit hommes à bord auraient foncé et pris d’assaut le Bourbon Alexandre. Ils étaient 16 à bord. Trois officiers français ont été enlevés et les 13 autres membres d’équipage sont restés à bord. Le bateau aurait été pillé mais selon l’armateur, « aucun blessé n’est à déplorer». A Lagos, le porte-parole de la marine nigériane, David Nabaida, a indiqué qu’un Thaïlandais avait également été enlevé.

L’information n’a pas filtré mais, une autre barge, peu éloignée du remorqueur, et qui ne battait pas pavillon français aurait également été prise d’assaut. Il y aurait là aussi d’autres otages, nigérians et philippins.

Une pratique « classique »

Le ministre français de la Défense Hervé Morin a estimé qu’il s’agissait vraisemblablement d’un « acte de piraterie classique » et rappelé qu’il y en avait eu « à peu près une centaine en 2009 dans le golfe de Guinée ».

En effet, le groupe Bourbon a déjà été confronté à des enlèvements de collaborateurs au Nigeria. En août 2008, deux Français, avaient été enlevés près de Port-Harcourt, capitale pétrolière du Nigeria. Ils avaient été relâchés début septembre. Fin octobre 2008, dix otages, dont sept Français, avaient été capturés sur un navire de Bourbon au large de la péninsule de Bakassi (Cameroun). Ils avaient également été relâchés peu après.

D’après le bureau maritime international, le golfe de Guinée serait d’ailleurs devenu l’une des zones les « plus dangereuses en matière d’enlèvement après le golfe d’Aden (qui se situe entre la Somalie et le Yémen, sic)».

Le Mend lui même, qui réclame une meilleure redistribution dans le delta du Niger de la manne générée par le pétrole et le gaz extraits de la région, a revendiqué dans le passé plusieurs enlèvements d’employés du secteur pétrolier et attaqué des installations pétrolières.

Mais le mouvement, qui officie dans la région depuis 2006, s’est divisé depuis ces derniers mois. À la faveur du processus de pacification initié par le défunt président Umaru Yar’Adua, certains combattants du Mend ont déposé les armes alors que d’autres ont choisi de continuer le combat.

Au Niger ce sont cinq Français, un Togolais et un Malgache, employés des sociétés françaises Areva et Satom (groupe Vinci), qui ont été enlevés à leur domicile à Arlit, dans le nord du pays, dans la nuit du 15 au 16 septembre. L’enlèvement a été revendiqué mardi par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

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