Nigeria : 376 corps auraient été enterrés dans des fosses communes à Jos

Les corps de 376 victimes des violences qui ont embrasé la ville de Jos, capitale de l’Etat de Plateau et ses environs, au nord du Nigeria, ont été enterrés dans des fosses communes, a fait savoir un député de la région, Samaila Mohammed.

Samaila Mohammed, qui représente la circonscription de Jos-Nord/Bassa à la Chambre basse des représentants, a été cité par les médias locaux déclarant que les corps qui ont été enterrés dans des fosses communes au cimetière de Jos, sont ceux qui ont été transportés à la mosquée de Jos-Centre, indiquant que le bilan total des victimes pourrait être beaucoup plus élevé.

Mais le porte-parole du gouvernement de l’Etat, Nuhu Gagara, a établi le bilan à 200 morts, affirmant que les chiffres cités par les médias internationaux étaient exagéré, mais au moins 4.000 personnes ont été déplacées par les violences.

Après le second déploiement de 140 soldats armés, dimanche, depuis la ville de Kaduna (nord), un calme précaire prévalait dans beaucoup d’endroits de la ville, où la violence avait éclaté vendredi au lendemain d’élections locales dans 17 circonscriptions.

Le Parti démocratique des peuples (PDP, au pouvoir) a remporté l’ensemble des 17 circonscriptions, après l’annonce des résultats samedi, suscitant davantage la colère des partisans du Parti de tous les peuples du Nigeria (ANPP, opposition).

Dans cette ville où la mixité religieuse et ethnique s’avère difficile, la violence politique, déclenchée par les allégations de fraude, a rapidement dégénéré en crise ethnico-religieuse, marquée par des luttes inter-religieuses, des incendies contre des mosquées et des églises, des commerces et des immeubles d’habitation.

Le gouverneur de l’Etat de Jos, Jonah Jang, a imposé un couvre-feu sur les zones affectées et ordonné aux agents de sécurité de tirer à vue sur les fauteurs de troubles.

Le président Umaru Yar’Adua a, de son côté, ordonné le déploiement des soldats après que la Police s’est retrouvée débordée par la crise, la pire survenue dans l’Etat depuis 2004, où le gouvernement fédéral avait dû déclarer l’Etat d’urgence suite à des massacres ethnico-religieux qui avaient fait des centaines de morts.

Les leaders politiques et religieux ont appelé au calme, tandis que la sécurité est en train d’être renforcée dans les Etats voisins pour empêcher la propagation de la violence.

Le Sultan de Sokoto, qui est le chef spirituel des musulmans du Nigeria, a dit dans une déclaration que « tous les musulmans et chrétiens du pays (doivent) opter pour la paix et éviter les actes de violence ce, pour la stabilité et le développement de la nation ».

Le primat de l’Eglise méthodiste du Nigeria, Sunday Ola Makinde, a, pour sa part, exhorté le gouvernement à démasquer ceux qui sont derrière cette crise.

« C’est une situation inadmissible car nous avons introduit la religion dans la politique et seuls les médiocres le font. Je conseille au président de prendre, dès maintenant, des mesures très sérieuses et drastiques contre cela. Faisons en sorte que ça soit la dernière fois, car c’est la deuxième fois que cela se produit à Jos. Beaucoup de gens innocents ont perdu la vie et beaucoup de lieux de culte ont été brûlés. Nous devons mettre un terme à cela. Laissons faire la justice », a-t-il déclaré.

Selon la Police, plus de 1.500 personnes, dont « des mercenaires venus des Etats voisins », ont été arrêtées suite à ces violences.