Niger : retour au calme après les sanglantes manifestations contre « Charlie Hebdo »

Au Niger, le calme est peu à peu revenu après les violentes manifestations contre le journal satirique français « Charlie Hebdo » qui ont fait au total neuf morts dans le pays.

La colère commence à retomber au Niger après les violentes manifestations contre le journal satirique Charlie Hebdo, qui a caricaturé le prophète de l’islam dans sa nouvelle Une, diffusée mercredi dernier. Vendredi et ce samedi en effet plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans la rue à Niamey, la capitale, et Zinder pour exprimer leur rogne contre Charlie Hebdo.

300 chrétiens sous protection

Quatre personnes ont été tuées vendredi et un drapeau français a même été brûlé, à Zinder dans la deuxième ville du pays. Ce samedi la protestation a viré à l’émeute dans plusieurs quartiers de la capitale, où des églises ont été brûlées et des lieux de culte chrétiens. Des manifestants se sont confrontés aux forces de l’ordre qui ont lancé des gaz lacrymogène pour disperser la foule. Le Président a annoncé cinq autres morts, promettant l’ouverture d’une enquête. Bien que le calme soit revenu, les autorités du pays restent toutefois prudentes à Zinder,, mettant sous protection militaire environ 300 chrétiens, samedi soir.

Les Oulémas appellent au calme

Le Quai d’Orsay a de son côté appelé les Français au Niger à respecter les mesures de sécurité qui leur ont été prodiguées face à ces violences. Dans un communiqué de ce samedi en fin de journée, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a condamné « le recours à la violence» et exprimé « sa solidarité avec les autorités du Niger ». De même, face à cette vive tension, une vingtaine d’oulémas, des théologiens musulmans, ont aussi appelé à un retour au calme dans les rues de la capitale.« N’oubliez pas que l’islam est contre la violence », a rappelé le prédicateur Yaou Sonna, à la télévision. En espérant que ce rappel à l’ordre puisse calmer les esprits dont la colère semble aussi liée en partie à des frustrations sociales.