Niger, La mode face à l’obscurantisme

La deuxième édition du Festival international de la mode africaine (FIMA) se déroule sur fond de contestation islamiste. Débits de boissons, domiciles de prostituées et églises saccagées. Les Nigériens découvrent l’islamisme violent. Les responsables du Festival et l’Etat nigérien n’ont pas cédé aux menaces.

De violentes manifestations contre le second salon du Festival de la mode africaine (FIMA) ont tourné au vandalisme. Cible privilégiée de la colère islamiste : les débits de boisson, les maisons closes et les églises. La victoire des islamistes au Nigeria qui vont mettre en application la charia (loi islamique)dans la province de Kano, a influencé les jeunes islamistes nigériens. Hier, des marabouts et des étudiants en théologie ont lancé des appels au calme. Le pouvoir avait réagi violemment contre les manifestants et a interdit quatre organisations proches des milieux islamistes.

L’honneur de nos femmes

Les islamistes reprochaient au FIMA d’être un lieu de débauche et de prostitution.  » Les femmes dénudées attirent les touristes. Nous voulons préserver l’honneur de nos femmes. Ce n’est pas de l’art, c’est de la pornographie « .

L’organisateur du festival, le styliste Alphadi, récuse toute idée de provocation ou de débauche. Il veut au contraire donner une autre image du Niger et de l’Afrique.  » Le festival est une passerelle entre les peuples à travers leur diversité ethnique, religieuse et économique. Nous avons placé cette manifestation sous le thème  » Culture, paix et développement  » parce que nous sommes convaincus que la paix constitue un ferment entre les nations « .

Si l’assistance a opté pour les boubous et les gandouras, les créateurs africains ont lâché bride à leur imagination. La Sénégalaise Oumou Sy et le Malien Fatim Mad’in Bamako ont été les plus remarqués pour, respectivement, le cuir et une robe à panier.