Niger-Charlie Hebdo : 3 jours de deuil national après les 10 morts

Au Niger, le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours, à compter de lundi, à la mémoire des dix personnes tuées durant les violentes manifestations contre le journal satirique français Charlie Hebdo, qui a publié des caricatures du prophète de l’islam.

Après la mort de dix personnes dans les manifestations violentes contre le journal satirique français Charlie Hebdo, qui a publié des caricatures du prophète de l’islam, le gouvernement du Niger a annoncé un deuil national de trois jours, à compter de lundi, à la mémoire des victimes. Selon les autorités, « les drapeaux seront mis en berne sur tout le territoire ».

Les manifestations contre Charlie Hebdo ont débuté vendredi dernier dans la deuxième ville du pays, Zinder, puis ont peu à peu viré à l’émeute, gagnant aussi la capitale nigérienne, Niamey. Au total, 10 morts et 173 blessés sont à déplorer, selon des chiffres officiels. Les émeutiers ont également pillé et incendié 45 églises dans la capitale, et détruits cinq hôtels, 36 débits de boisson, un orphelinat et une école chrétienne, selon la police nationale.

Ouverture d’une enquête sur les violences

Une situation qui a poussé le Président Mahamadou Issoufou à hausser le ton. « Ceux qui pillent ces lieux de culte, qui les profanent, qui persécutent et tuent leurs compatriotes chrétiens ou les étrangers qui vivent sur le sol de notre pays n’ont rien compris à l’islam », a déclaré le Président nigérien, samedi, dans un discours télévisé. « Savent-ils qu’en se comportant de la sorte, ils incitent les populations des pays où les musulmans sont minoritaires à profaner et à détruire les mosquées ? », s’est-il interrogé, se demandant « de quel tort sont coupables les églises et les chrétiens du Niger ? ».
« Une enquête est désormais ouverte sur les violences », a annoncé le Président nigérien, en lançant « un appel au calme ». Il a également promis que les responsables seront « identifiés et châtiés conformément à la loi ».

Des drapeaux français ont également été brûlés lors des manifestations. A Zinder, le Centre culturel franco-nigérien et au moins trois églises ont été incendiés. Plus de 300 chrétiens de la deuxième ville du pays ont été mis sous protection militaire, dimanche soir, dans des casernes.