Niger/Areva: le président de l’Assemblée nationale dénonce un accord « incomplet »

Le président de l’Assemblée nationale nigérienne et opposant politique du parti au pouvoir, Hama Amadou, a qualifié, ce lundi, d’ « incomplet » le nouvel accord trouvé entre le Niger et l’entreprise française Areva, le 26 mai dernier, sur l’exploitation de l’uranium du Niger.

L’accord entre Areva et le Niger sur l’exploitation de l’uranium du pays par l’entreprise française est critiqué de toute part. Après la société civile et notamment les syndicats, le président de l’Assemblée nationale et opposant du parti au pouvoir, Hama Amadou, a qualifié, ce lundi, le nouveau contrat signé le 26 mai dernier d’ « incomplet ».

« D’énormes pertes d’emplois »

Ce nouvel accord prévoit de nommer à la tête des Conseils d’administration des deux sociétés filiales d’Areva, Somaïr et Cominak, des directeurs généraux de nationalité nigérienne avant le 30 et 31 juin dernier, ce qui n’a pas encore été fait. Quelques 90 millions d’euros devraient être injectés dans la rénovation de la route Tahoua-Agadez-Arlit, appelé « Route de l’uranium », une somme sous-estimée, selon des organisations de la société civile.

Le démarrage de l’exploitation du gisement d’uranium d’Imouraren, qui devait faire du Niger le deuxième producteur mondial avec 5 000 tonnes par an est le point de l’accord qui est le plus critiqué. Il a été ainsi reporté sine die alors que l’exploitation de ce gisement est d’une importance stratégique pour le Niger. Le président du Parlement nigérien a fait part de ses « inquiétudes légitimes », rapporte Xinhua. Pour Hama Amadou, « le site de Cominak est en voie d’épuisement d’ici deux ans, et si Cominak ferme sans qu’Imouraren n’ait démarré, cela constitue d’énormes pertes d’emploi pour le pays ». « Areva campe sur les positions qui lui sont favorables », a-t-il ajouté.

Le cinquième producteur mondial d’uranium

Le gouvernement continue à qualifier d’ « équilibré » l’accord signé avec Areva qui exploite depuis 50 ans les gisements d’uranium du Niger. « J’ai tout fait, le gouvernement a tout fait pour que les intérêts du Niger soient sauvegardés et c’est le cas. Les intérêts du Niger ont été défendus. Nous avons décidé, dans le cadre de ces accords, d’appliquer de nouvelles conditions fiscales à Areva », a déclaré le Président nigérien Mahamadou Issoufou, vendredi dernier à l’occasion de la venue du chef d’Etat français François Hollande à Niamey, capitale du pays.

Le Niger est le cinquième producteur mondial d’uranium, selon des statistiques de la world nuclear association, sur la période 2003-2010. Ce pays arrive à la dernière place du classement (187e place sur 187) des pays les moins avancés suivant l’indice de développement humain (IDH) défini par le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), en 2012.