Nicoletta, inexorablement Gospel

L’ambassadrice du gospel en France, Nicoletta, a été choisie pour être la marraine de la deuxième édition du festival international Gospel et Racines qui s’achèvera le 17 août prochain à Cotonou. Un bel hommage à l’une des plus grandes figures de la chanson française marquée au fer rouge par le gospel.

La célèbre interprète de Mamy blue est née pour chanter du gospel. Si vous en doutiez, la chaleur de la voix de Nicoletta vous convaincra du contraire. Nicole Chapuis, de son vrai nom, a bien sûr fait quelques remarquables infidélités à sa passion de toujours mais depuis quelques années, elle est revenue à ses premières amours. Rencontre avec une femme spirituelle et pleine de spiritualité.

Afrik.com : Vous êtes la marraine de la deuxième édition du festival Gospel et Racines, qu’est ce que cela représente pour vous ?

Nicoletta : J’ai tout de suite dit oui quand le comité d’organisation du Festival Gospel et Racines m’a proposé d’être la marraine de l’événement. Cela est une preuve de confiance. Mais aussi, en même temps, une grande responsabilité. Je suis un peu la petite ambassadrice de la France et j’en suis très fière. Mais ce qui m’importe le plus, c’est la rencontre avec les Béninois. Ils n’ont pas changé, ils sont toujours aussi chaleureux qu’il y a trente ans lors de ma première visite au Bénin. J’ai un profond respect pour l’Afrique. C’est un continent qui est à la base de tout : la musique, la danse…

Afrik. com : Vous êtes l’ambassadrice du Gospel en France. Comment avez-vous découvert le Gospel ?

Nicoletta : J’ai été initiée par deux jeunes guitaristes de jazz noirs dans une discothèque de Genève quand j’avais dix-huit ans. Ils m’ont appris à chanter Still away to Jesus en m’accompagnant à la guitare. Je me suis rendue compte que je pouvais le faire. Après, je suis allée régulièrement à New York et j’ai écouté plein de choses.

Afrik. com : Et puis il y a eu Mamy Blue en 1971 ?

Nicoletta : Mamy Blue évoque l’histoire de ma mère, et non celle de ma grand-mère comme on le croit. C’est un titre qui se chante aujourd’hui dans les écoles et qui a popularisé le terme de Mamie.

Afrik.com : Vous êtes ensuite retournée à la variété et puis à la mort de votre grand-mère vous avez renoué avec le Gospel. A quoi tient ce déclic ?

Nicoletta : Quand ma grand-mère est morte, je me souvenue d’une chose qu’elle me disait souvent. « C’est bien tout ce que tu fais, mais j’aime bien quand tu chantes du gospel ». Elle m’avait entendue, en 1976, chanter le Gloria Alleluia pour la messe de minuit sur RTL. Elle est morte à 11h du soir et, instinctivement, j’ai ouvert la bible et je lui ai lu des psaumes jusqu’à 5 heures du matin. Elle était très chrétienne et tous les préceptes qu’elle m’avait inculqués me sont revenus tout d’un coup. Ca m’a nourri, m’a donné une force folle. J’ai retrouvé ma spiritualité. Je me suis lancée dans le gospel et je suis retournée aux origines de ma chanson. Je rechantais de nouveau avec cette joie et cette vérité des Noirs. Le gospel correspond pour moi à une sensibilité. J’ai alors entamé cette tournée, avec les 100 voix, dans les églises de France, à l’Eglise St Roch à Paris, la paroisse des artistes. Les gens étaient là, j’étais en prise directe avec le public. J’ai ouvert la voie et fait découvrir cette musique aux Français notamment par le biais de la télévision. A l’instar du Golden Gate Quartet, mes parrains, dont j’ai préfacé la biographie qui va bientôt sortir. Le mouvement a été récupéré, comme vous pouvez le constater, et connu le succès qui est le sien à l’heure actuelle.

Afrik.com : Quels sont les difficultés que rencontre le producteur indépendant que vous êtes ?

Nicoletta : Je suis producteur indépendant depuis 20 ans. A cette époque, je me suis écartée du milieu du show-biz et j’ai acheté une ferme en Haute-Savoie que j’ai fait retapée. Ca m’a beaucoup aidée. Je ne me suis pas laissée faire par le système, je tenais à ma vie de famille. La distribution reste un problème majeur pour un producteur indépendant. Le milieu du gospel est un milieu d’argent et comme dans toutes les castes musicales, il y des gens sérieux, et ceux qui font n’importe quoi. Je travaille en petite formation. L’essentiel pour moi est de m’entourer de personnes auxquelles je peux me fier.

Afrik.com : Vous avez une longue expérience artistique derrière vous. Est-ce que vous êtes tentée de faire un bilan ?

Nicoletta : Je ne fais pas de bilan. La vie m’a appris beaucoup de choses et elle m’a dressée. Je me laisse aller à mes élans.

Afrik.com : Vos projets ?

Nicoletta : Je serai la marraine du festival de Meaux, dont nous avons contribué à l’avènement, qui se tiendra le 18 octobre prochain dans la cathédrale de la ville. Un disque de gospel est également prévu pour la fin de l’année. Nous travaillons à l’heure actuelle sur un projet pour toute la France et l’Europe dénommé Les Nuits Bleues du Gospel qui devrait voir le jour d’ici l’année prochaine.

Afrik.com : Quelles impressions garderez-vous du Bénin ?

Nicoletta : Je vais ramener des disques d’artistes béninois, des photos et j’espère revenir une troisième fois au Bénin. Comme le dit l’adage, jamais deux sans trois.