Nicolas Sarkozy attendu en RD Congo en janvier 2009

Le président français, Nicolas Sarkozy, a annoncé vendredi à Bruxelles, qu’il se rendra en visite de travail en RD Congo en janvier prochain, avec son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

M. Sarkozy, qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse à l’issue du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne dans la capitale belge, s’est étonné que l’ONU ait demandé à l’UE d’envoyer une force d’intervention dans le Nord-Kivu, alors que 17.000 casques bleus s’y trouvent déjà.

Selon ses informations, sur les 17.000 casques bleus, seuls 800 hommes sont opérationnels au Nord-Kivu. Pourquoi demander des renforts de 3.000 soldats supplémentaires, pendant que 17.000 hommes sont déployés sur le terrain, s’est-il encore interrogé.

Il a révélé qu’il a lui-même demandé au président Dos Santos d’Angola, d’envoyer des troupes en RD Congo et que ce dernier répondu qu’il était disposé à le faire à condition que ce soit sous mandat de l’ONU.

« Pourquoi ne pas envoyer au Nord-Kivu, les troupes d’un acteur majeur dans la région (sous-entendu Angola), au lieu de faire appel à une force européenne ? La France ne peut pas être partout », a encore dit M. Sakorzy, qui s’est posé la question plus générale, selon lui, de la présence des troupes françaises en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire.

Après une réunion de concertation entre les ministres des Affaires étrangères de l’UE, la veille du sommet, la formule qui se dégage est celle de l’envoi en RDC, d’une « coalition ad hoc » composée des Etats membres volontaires, sans la participation de la France ni de l’Allemagne ou de l’Angleterre.

Le Haut représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure et de sécurité commune (PESC), Javier Solana, se rendra lundi à New York où il s’entretiendra avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à qui il exposera les différentes options possibles, notamment l’envoi d’un groupement tactique de 1.500 hommes opérationnel en 2 semaines ou le déploiement d’une force, format EUFOR, de 3.000 hommes, qui ne pourraient pas être déployés avant le mois de février 2009.

Selon un porte-parole européen qui rendait compte de la rencontre jeudi entre Louis Michel, commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, et Laurent Nkundabatware, dans une localité aux environs de Rutshuru, sous contrôle du CNDP, le chef rebelle d’origine rwandaise, exige que son mouvement soit chargé de la réforme de l’armée nationale congolaise (FARDC), et revendique entre autres, le poste de Premier ministre du gouvernement de Kinshasa.

Laurent Nkundabatware a expliqué à Louis Michel qu’il ne se bat pas seulement pour la minorité tutsi, et contre les FLDR, mais pour l’ensemble du peuple congolais dénonçant la corruption, les contrats miniers et autres échecs à ses yeux, du gouvernement du président Joseph Kabila.

Ce à quoi Louis Michel a répondu que ces exigences vont trop loin, car elles portent sur la révision de la Constitution congolaise, contestant la légitimité du président Joseph Kabila, pourtant élu au suffrage universel direct en 2006.

Selon un fonctionnaire européen spécialiste de la Région des Grands Lacs, l’officier félon Nkundabatware, soutenu par Kigali, entend imposer en RDC un scénario à la rwandaise.

Après avoir déclenché en 1990 la rébellion à partir du territoire ougandais, le Front patriotique rwandais (FPR) avait réussi à occuper une localité au Rwanda d’où le mouvement rebelle, dirigé à l’époque par Paul Kagame, avait exigé son intégration dans les Forces armées rwandaises (FAR).

A cette fin, un contingent de 600 hommes du FPR, sous escorte de la Mission de l’ONU au Rwanda (MINUAR) fut positionné à Kigali dans un site non loin de l’aéroport, d’où sont partis les tirs ayant abattu l’avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

Nkundabatawre cherche à faire installer un contingent du CNDP à Kinshasa, sous prétexte d’une intégration dans les FARDC, alors que l’objectif, a dit le fonctionnaire, est de provoquer une violente insurrection dans la capitale congolaise (11 millions d’habitants).

Des nombreuses caches d’armes lourdes ont été découvertes récemment à Kinshasa et des officiers de renseignements rwandais ont été arrêtés à Brazzaville, la capitale du Congo.