Naufrage à Lampedusa : les obsèques font polémique

De nombreux migrants qui voulaient assister aux obsèques suite au naufrage de Lampedusa qui a fait plus de 300 morts en ont été empêchés par les autorités italiennes. Le maire de Lampedusa a préféré, lui, boycotter l’évènement.

Au nombre d’une centaine, les rescapés n’ont finalement même pas pu dire un dernier au revoir aux morts du naufrage de Lampedusa, qui a emporté près de 366 hommes, femmes et enfants. Les autorités italiennes ont refusé que les migrants assistent à la cérémonie, leur bloquant l’accès. Ces derniers en guise de protestation ont organisé un sit-in devant l’Hotel de ville. « L’un de nous a perdu trois enfants et sa femme dans le naufrage. Nous avions demandé la permission d’assister à la cérémonie en toute légalité, mais ils ont refusé », a raconté ce migrant qui a préféré garder l’anonymat sur la chaîne de télévision Sky TG24. « Nous voulions simplement dire un dernier au revoir à nos frères qui ont péri en mer », a-t-il déploré.

Cérémonie boycottée

Les rescapés n’ont pas été les seuls à s’être sentis lésés par les autorités italiennes concernant les obsèques des victimes. Si les ministres italiens de l’Intérieur et de l’Intégration, respectivement Angelino Alfano et Cecile Kyenge, étaient présents à la cérémonie d’Agrigente, de même que l’ambassadeur d’Érythrée à Rome, Zemede Tekle Woldetatios, ce n’est pas le cas du
maire de Lampedusa, Giusi Nicolini. Il a boycotté la cérémonie pour protester contre son éloignement du lieu du drame.

Le naufrage de Lampedusa, dont la plupart des victimes étaient originaires d’Érythrée, a suscité une vive émotion en Europe, poussant même la pape François a le qualifier de honte. L’embarcation, en provenance d’Égypte, transportait un demi-millier de migrants, lorsqu’elle a pris feu et chaviré à quelques centaines de mètres du littoral de Lampedusa.