Nairobi chasse ses marchands ambulants

Les partis d’opposition kenyans condamnent les trois jours de violences qui ont opposé marchands ambulants et forces de l’ordre, de mardi à jeudi, dans la capitale kenyane. Ils accusent le maire de Nairobi d’avoir voulu  » nettoyer  » de façon énergique certains quartiers d’affaires.

Plusieurs partis d’opposition kenyans ont condamné, ce vendredi, les journées de violences qui ont ébranlé la ville de Nairobi de mardi à jeudi. Ils ont accusé le gouvernement et le Conseil de la ville d’avoir créé  » le chaos qui a pertubé l’activité économique dans la ville « , rapporte le quotidien kenyan The Nation. Ils ont déploré l’utilisation excessive de la force par la police contre une population désarmée et la façon dont le maire de la ville, John Ndirangu, a géré la situation.

Les partis d’opposition accusent ce dernier, poussé par la communauté d’affaires qui voit d’un mauvais oeil les marchands ambulants, d’avoir voulu  » nettoyer  » certains quartiers de Nairobi. En effet, les émeutes ont éclaté suite à la manifestation, mardi, de plus de 1 000 marchands des rues, qui protestaient contre la démolition de leurs étalages au marché de Nyayo par le Conseil de la ville.

Balles réelles et gaz lacrymogènes

La police, assistée par les gardes du Conseil de la ville, a tiré à balles réelles et lancé des gaz lacrymogènes sur les vendeurs. Les échauffourées se sont déplacées des trois rues commerçantes du coeur de Nairobi à des quartiers plus excentrés. Alors que la police explique ces affrontements par la lutte contre l’insécurité, beaucoup de marchands ambulants donnent une raison plus politique à ces batailles.

En effet, la plupart des vendeurs opérant au marché de Nyayo ont reçu l’autorisation d’installer leurs stands juste avant les dernières élections générales, ce qui était une façon de les amener à voter pour le parti en place, le Kanu. Ils attribuent cette volonté de les faire partir aujourd’hui à l’instabilité politique du pays.