Nafissatou Diallo : une femme présumée « sans histoires »

De la victime présumée de l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI), on ne sait pas grand-chose. N’étaient-ce les témoignages recueillis par les médias. « Sans histoires » est l’expression que l’on retrouve le plus souvent dans les déclarations recueillies par nos confrères auprès notamment de sa famille et de quelques uns de ses voisins.

« Sans histoires ». Ces deux mots sont les plus récurrents dans les différents témoignages collectés par la presse qui tente de dresser un portrait de la victime présumée de l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. La femme de ménage guinéenne du Sofitel de New York l’accuse de l’avoir sexuellement agressée. La famille de Nafissatou Diallo, en Guinée ou au Sénégal, a été fortement mise à contribution pour permettre de percer le mystère de la jeune femme dont le visage est aujourd’hui connu mais qui n’a jamais été officiellement révélé.

« Nafissatou est une fille qui fait sa prière et son ramadan, c’est une fille digne issue d’une famille d’érudits c’est une fille bien, s’il y a autre chose ce n’est pas d’elle que vous parlez. Depuis que je l’ai mise au monde elle n’a jamais posé de problème à la famille. », confiait Hadja Aïssatou Diallo, la mère de la jeune femme, à la radio RFI du Sénégal où elle séjournait. Son frère Boubacar, interviewé par l’AFP, dans son village de Tchiakoulé en Guinée, est sur le même registre : « Elle n’a rien fait de mal, n’a crée aucun problème jusqu’à maintenant. Elle n’a eu d’histoire avec personne ».

Même son de cloche pour son cousin, un autre de ses frères et sa tante Hadja Saadjo Diallo, rencontrés par l’équipe d’Afrik.tv. Nafissatou est encore décrite comme une femme « sans histoires ».

Sa belle famille est tout aussi élogieuse. Son beau-père El hadj Mamadou Djan Diallo, le père de son mari décédé Abdoul Gadry Diallo, confie également dans les colonnes du nouveau journal guinéen Le Nimba. « C’est l’éducation qu’elle a reçue qui m’a amené à la demander en mariage pour mon garçon. Son séjour chez nous a été formidable. C’est une fille très – voire même trop – calme, pieuse et intelligente. Elle n’a eu chez nous aucune dispute avec son mari, encore moins avec les membres de ma famille. »

Ce portrait flatteur fait dire au journaliste sénégalais Papo Mane, rencontré par l’équipe de France 2 à Zinginchor où a vécu l’adolescente Nafissatou Diallo : « Elle a grandi dans une famille vraiment sérieuse (…) C’est la raison pour laquelle tous ceux qui l’ont connue dans le temps ont été surpris d’entendre que Nafissatou est impliquée dans une histoire de sexe ». Le journaliste explique aussi qu’elle fait l’objet de « préjugés favorables » parce qu’« elle n’avait pas l’habitude de mentir (…), ajoute-t-il, de créer des histoires (…) Elle était sans histoires. »

Mamoudou Diallo, le grand frère de la Guinéenne, chez qui la jeune femme vivra entre 2002 et 2003 dans la capitale guinéenne Conakry, cité également dans Le Nimba, pense que l’accusation que Nafissatou porte sera vérifiée. « Vous verrez, s’il plaît à Dieu le Tout Puissant, tout ce qu’elle dira sur l’homme qui l’a agressée se vérifiera au fur et à mesure, puisqu’elle ne ment et ne mentira pas pour qui que ce soit. Son éducation ne lui permet pas d’agir ainsi ». Un de ses voisins dans le Bronx, où elle a élu domicile n’en pense pas moins. « Connaissant son comportement, dit-il, je la crois. Il a dû lui arriver quelque chose de vraiment grave pour qu’elle fasse de telles accusations », peut-on lire sur le site de L’Indépendant.fr. Un autre voisin a affirmé sur Europe 1 : « Elle est toujours très calme. Je ne l’ai jamais vue s’énerver ». Il évoque aussi une femme «sans histoires». Zulema Zulniga, habite au même étage que Nafissatou Diallo et sa fille, qui ont emménagé il y a environ 10 mois selon leur voisine qui qualifie la mère de « très sympathique » dans un article publié sur le site de la chaîne CBS.

Nafissatou Diallo, née «entre 1975 et 1980» rapporte Le Nimba, aurait rejoint les Etats-Unis grâce à sa sœur Hassanatou « qui l’a emmenée en Amérique, car elle venait non seulement de perdre son mari mais également l’un de ses enfants », indique Papo Mane. Sa précarité serait à l’origine de son départ pour l’Amérique. Sa fille a alors huit ans quand elle débarque dans le pays en 2004, selon son ancien avocat Jeffrey Shapiro interrogé par l’agence Associated Press et dont les propos ont été rapportés sur CBS. Il a également déclaré que Nafissatou Diallo avait obtenu le statut de réfugiée politique. A l’instar de beaucoup de Guinéens aux Etats-Unis. Détentrice d’une green card, elle a été embauchée au Sofitel en 2008 où, femme de ménage, elle est considérée comme « une salariée modèle ». Invisible et désormais représentée par les célèbres avocats Kenneth Thompson et Norman Siegel, Nafissatou Diallo, veuve ayant perdu un enfant, reste une énigme. De l’affaire DSK, sa mère souhaite « qu’elle s’en sorte bien et dignement ».