Mutilations génitales : la Guinée championne de l’excision !

L’UNICEF, à l’occasion de la Journée Internationale de lutte contre les mutilations sexuelles féminines, a établi un nouveau bilan record de 200 millions de femmes qui ont subi une mutilation sexuelle, contre 140 millions en 2014. Au rang des pays qui s’adonnent à cette pratique, la Guinée est championne.

Un nouveau rapport de l’UNICEF publié le 5 février 2017, à l’occasion de la Journée Internationale de lutte contre les mutilations sexuelles féminines, indique qu’au moins 200 millions de filles et de femmes en vie ont subi des mutilations sexuelles dans 30 pays. En 2014, les victimes étaient au nombre de 140 millions.

L’excision touche de plus en plus de femmes en raison de la hausse démographique et de croyances tenaces. Et les chiffrent donnent des frissons. Au total, neuf pays pratiquent les mutilations sexuelles de 75 à 100% : l’Egypte, le Soudan, la Somalie, la Sierra Leone, la Guinée Equatoriale, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso et l’Indonésie. Selon L’UNICEF, en Egypte, 91% des femmes âgées de 14 à 49 sont victimes d’excision, soit 27,2 millions de femmes. Au Soudan, la pratique la plus courante est l’infibulation, et touche 87,6% des femmes. Au Mali, 73% des femmes et 70% des hommes sont favorables à cette pratique, dont 89% des femmes en sont victimes. En Guinée, 96% des femmes ont subi une excision, ce qui fait de ce pays le champion ?de la mutilation génitale. L’Article 407 du Code de l’Enfant Guinéen punit de trois mois à deux ans de prison et de 300 000 à 1 million de francs guinéens d’amende toute personne qui aura participé à la mutilation d’un enfant. La peine peut aller de 5 ans à 20 ans d’emprisonnement si l’enfant meurt.

En Indonésie, 96% des femmes en sont également victimes. L’excision y est autorisée légalement depuis 2010 à cause de la pression de la société religieuse qui la légitime et qui autorise les professionnels de la santé à la pratiquer. L’UNICEF précise que les mutilations sexuelles sont également réalisées en Mauritanie, en Ethiopie, au Sénégal, au Liberia, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Kenya, au Tchad, au Bénin, au Nigeria, en Centrafrique, en Tanzanie, au Yémen, en Irak, au Cameroun, au Niger et au Ghana. Toutefois, le nombre d’excision chez les filles de 15 à 19 ans a diminué de 41 points au Liberia, 31 au Burkina Faso, 30 au Kenya et 27 en Egypte au cours des 30 dernières années.

Les quatre types de mutilations sexuelles

– La clitoridectomie : qui consiste en une ablation partielle ou totale du clitoris.

 L’excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans les grandes lèvres.

 L’infibulation : rétrécissement de l’orifice vaginal par ablation et accolement des petites lèvres et, ou, des grandes lèvres, avec ou sans ablation du clitoris.

 Formes non classées : toutes les autres formes de mutilations.