Musulmane et miss Amérique

Américaine d’origine libanaise, Rima Fakih a été élue dimanche miss USA. Elle est la première musulmane à recevoir cette distinction. Des membres de l’extrême-droite américaine tentent cependant de la dénigrer sur Internet, en prétendant qu’elle serait liée au Hezbollah libanais.

Premier président noir, première miss musulmane. Les Américains font dans l’inédit. Rima Fakih, jeune libano-américaine musulmane de 24 ans, a été couronnée reine de beauté des Etats-Unis. La cérémonie s’est déroulée dimanche à Las Vegas, devant un jury de professionnels. Première miss musulmane, mais pas première miss américaine d’origine libanaise. En mai 1983, Julie Hayek une autre libanaise alors âgée de 23 ans, avait déjà arboré le diadème de miss USA. Les libanais n’ont pas caché leur joie, de voir ainsi pour la deuxième fois, une de leurs compatriotes être distinguée aux Etats-Unis.

Née dans le sud du Liban en 1986, Rima Fakih s’est installée en Amérique avec sa famille alors qu’elle n’était encore qu’une fillette. Bien que ses parents soient musulmans chiites, elle sera scolarisée dans une école catholique de New-York. En 2003, elle les suit près de Detroit dans le Michigan, où elle entame des études d’économie.

Rumeurs malveillantes sur son passé

Son élection a cependant été entachée de rumeurs malveillantes, publiées sur Internet. On a ainsi rappelé qu’en 2007, elle avait déjà remporté une autre compétition liée à la grâce féminine, mais moins élogieuse celle-là, le « pole dance ». Associé à du strip-tease, il consiste à danser autour d’une barre verticale. Sur Internet, les persifleurs n’ont pas tardé à publier des photos quelque peu suggestives d’elle, prises à cette occasion.

Cependant, la principale attaque contre miss Amérique est venue de l’extrême droite de son pays. Evoquant une rumeur sans fondement selon laquelle certains de ses proches seraient liés au Hezbollah libanais et auraient de ce fait combattu contre l’Etat d’Israël, les animateurs de cette campagne indigne l’ont rapidement affublé du pseudonyme repoussant de « terroriste en bikini».

Horrifiée par cette campagne de dénigrement, la famille de Rima Fakih a rapidement présenté un démenti formel : « Notre famille n’a aucune tendance politique, aucun lien avec des partis politiques », a assuré Afifa, sa tante paternelle. «(Le père de Rima) leur a appris à ne pas faire de différence entre chrétiens et musulmans. Nous sommes une famille très ouverte», a-t-elle ajouté. De son côté, Rima Fakih a assuré fêter aussi bien les réjouissances musulmanes que chrétiennes.

Quoi qu’il en soit, Rima Fakih est désormais une icône aux USA. Un symbole de l’ouverture que ce pays est en train de vivre et un espoir pour toutes les jeunes musulmanes rêvant de gloire et de paillettes. Les mauvaises langues n’ont qu’à bien se tenir.