Mossa Ag Attaher : « La crise au Mali est due à la situation en Libye »

Le Nord-Mali a renoué avec la violence, avec notamment le retour des groupes armées dans cette partie du pays, obligeant la France à renforcer ses effectifs dans cette zone. Mossa Ag Attaher, porte-parole du Mouvement National de Libération de l’Azawad, revient pour Afrik.com sur les contours de ce regain de violence.

A Ouagadougou,

Plus rien ne va au Mali où les groupes armés sont de retour dans le nord. Cette situation de violence a poussé la France à renforcer sa présence dans cette zone, à travers l’Opération « Barkhane » qui vise à sécuriser toute la région du Sahel et qui a vu le jour il y a quelques semaines, à la fin de l’Opération Serval au Mali. Pourquoi ce retour des groupes armés ? Quelles solutions à la crise malienne ? Mossa Ag Attaher, porte-parole du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), fait le point avec Afrik.com.

Afrik.com : Comment expliquez-vous le regain de tension au nord du Mali, avec le retour de plusieurs groupes armés ?

Mossa Ag Attaher :
Cela s’explique par le fait qu’il n’y ait pas eu un accord de cessez-le-feu avec les groupes terroristes. Je ne pense pas que le retour des groupes armées soit lié au cessez-le-feu. Mais je crois que ce retour est dû à la situation actuelle en Libye. Pourquoi ? Parce que la Libye continue de se décomposer, et elle a des problèmes pour se retrouver sur le plan institutionnel… Donc c’est surtout ce qui a motivé ce regain de tensions.

Afrik.com : Quel est le véritable problème au Mali ?

Mossa Ag Attaher :
Il y a un problème politique depuis plus de 50 ans et il faut trouver une solution négociée qui prend en charge les aspirations du peuple de l’Azawad à travers une auto-gestion des affaires.

Afrik.com : La France a renforcé ses opérations militaires au nord du Mali, quelle solution concrète pour une sortie de crise ?

Mossa Ag Attaher : La sortie de crise dans le nord du Mali, pour nous, c’est désormais l’Azawad. Il faut trouver un accord de cessez-le-feu politique entre le gouvernement du Mali et le mouvement armé de l’Azawad .

Afrik.com : Le processus de médiation est piloté actuellement par Alger seulement, le Burkina Faso étant agité ces derniers temps…

Mossa Ag Attaher : Pour la médiation burkinabè, nous attendons toujours la mise en place du gouvernement. Le Burkina Faso est le médiateur de la CEDEAO, l’Etat Burkinabé existe et doit jouer le même rôle.