Mort du Franco-Mozambicain Gilles Cistac : un assassinat politique à Maputo ?

Le professeur Gilles Cistac, Franco-Mozambicain, expert en droit constitutionnel et proche de l’opposition mozambicaine, a été tué par des inconnus armés, dans la capitale Maputo. L’opposition dénonce un assassinat politique.

Gilles Cistac a succombé à ses blessures, ce lundi matin. L’universitaire franco-mozambicain, professeur en droit constitutionnel à l’Université Edouardo Mondlane, par ailleurs proche de l’opposition mozambicaine, a été hospitalisé dans un état grave, ce lundi 2 mars 2015, après avoir été blessé par balle par des inconnus, à Maputo la capitale. Ces hommes s’en seraient pris à lui alors qu’il marchait à pied pour se rendre dans un café. Selon le directeur de l’hôpital central de Maputo, Joao Fumane, qui s’est confié à la BBC, il est mort après quatre heures de chirurgie.

D’origine française, Gilles Cistac a été naturalisé mozambicain après son arrivée en 1993, selon l’Agence de Nouvelles du Mozambique (AIM). Professeur de droit, il avait travaillé au fil des ans en tant que conseiller de plusieurs gouvernements. Il était une figure centrale du débat sensible de l’autonomie des provinces du Mozambique et de la décentralisation du pouvoir. Il collaborait régulièrement avec le journal d’opposition Canal de Moçambique. Sa tête était mise à prix depuis plusieurs semaines déjà pour son soutien au projet d’autonomisation régionale porté par la Résistance nationale mozambicaine, principal parti d’opposition. L’opposition du pays dénonce déjà une assassinat politique car le professeur n’était lié à aucun mouvement ou réseau de vente de drogue.

Pour d’autres défenseurs des droits de l’Homme, c’est une atteinte à la liberté d’expression. D’autant que le professeur est un homme réputé en Mozambique pour ses idées très marquées. De son côté, le gouvernement a vite réagi à la mort du Franco-Mozambicain. Antonio da Costa Gaspar, un porte-parole du Président Filipe Nyusi a affirmé que le gouvernement a fermement condamné cet assassinat, qu’il considère comme un « acte macabre ».

Selon Antonio da Costa Gaspar, le professeur de droit était une « figure très importante » dans la société du Mozambique, et que le ministère de l’Intérieur mène l’enquête pour trouver les hommes armés et les punir.