Moreau désenclave le Togo

Depuis les turbulences chroniques de la compagnie panafricaine Air Afrique, les compagnies nationales se sentent pousser des ailes. Dernier à percer le ciel africain, Transel Togo entend se faire une place dans les nuages.

La compagnie aérienne « Transel Togo » a inauguré le 11 décembre dernier une liaison Lomé-Paris en vol direct, et une autre Lomé-Marseille-Bruxelles le 13 septembre. Depuis les convulsions d’Air Afrique et la faillite de la Sabena, les compagnies nationales ont décidé de déployer leurs ailes. C’est un français de 35 ans, Jean-Philippe Moreau, qui a fondé en 1994 la compagnie Transel Togo, transport transit Lomé, dont il reste principal actionnaire avec 30%. Après Paris et Bruxelles, il envisage d’atterrir à Londres et à Johannesburg.

Le capital de l’entreprise se monte à 25 millions de Fcfa (37 442 euros). Pour Jean-Philippe Moreau, la faiblesse du capital n’est pas un handicap. C’est pour se repositionner sur le transport aérien que la compagnie togolaise a diversifié ses activités en passant du fret au transport des voyageurs.

Le manutentionnaire devenu PDG

Comment une compagnie aérienne peut-elle fonctionner avec un tel capital ? En évitant le leasing, tranche le PDG.  » Tout simplement, la propriété des avions est détenue par des groupes d’intérêts économiques privés qui mettent à notre disposition ces avions pour une exploitation sereine. Cela nous évite les fameux leasing (bail, location), explique l’autodidacte qui, à 16 ans,  » chargeait et déchargeait les avions « . Il fallait y penser ! Mais de plus en plus de petites compagnies utilisent sur ce principe les disponibilités des parcs d’appareils des grandes compagnies.

Le parcours de Jean-Philippe Moreau est assez singulier. De manutentionnaire, le voilà PDG d’une compagnie aérienne en plein essor.  » Ce sont mes clients qui m’ont aidé à trouver un avion et à me mettre à mon propre compte « . La compagnie assure un vol quotidien Abidjan Lomé. Pour ses vols vers l’Europe, la compagnie utilisera un Airbus A 300-B4 d’une capacité de 224 places en classe économique et de 24 places en classe Affaires. Voilà comment le marché du transport aérien commence à échapper, ligne par ligne, à la compagnie panafricaine, au grand bonheur des passagers.