Montée en puissance de l’ancienne opposition en Mauritanie

Les premières tendances qui se dégagent des élections législatives et municipales du dimanche 19 novembre en Mauritanie laissent apparaître une montée en puissance de l’ancienne opposition au régime de l’ex-président Maaouyia Ould Sid’Ahmed Taya, renversé le 3 août 2005, selon les résultats partiels communiqués lundi soir par l’administration.

Pour les municipales, des partis comme le Rassemblement des forces démocratiques (RFD), l’Alliance populaire progressiste (APP) et les Réformateurs centristes, une mouvance islamiste non reconnue qui a profité de la brèche offerte aux indépendants, se sont largement imposés à Nouakchott où sont enregistrés près d’un quart des électeurs inscrits.

Le Renouveau démocratique (RD) a remporté haut la main 16 sièges sur les 21 disponibles à Nouadhibou, grande métropole du Nord et capitale économique du pays. Le parti Hatem (de Salah Ould Hannena, ancien chef des Cavaliers du changement a gagné dans la ville de Aioun El Atrouss). Le RFD a terminé en tête à Rosso, Boutilimitt, R’kiz…Ouad Naga. Les indépendants ont réalisé de bons scores dans l’arrière pays.

Ces résultats partiels font du RFD, la formation de Ahmed Ould Daddah, le premier parti politique du pays. Ce parti avait également le plus grand nombre de listes en compétition à travers le pays.

Ould Daddah satisfait du scrutin de dimanche

Ahmed Ould Daddah a exprimé, lundi soir, sa « satisfaction » par rapport aux résultats des élections législatives et municipales de dimanche.

Au cours d’une conférence de presse, M. Ould Daddah, candidat malheureux aux élections présidentielles de 1992 et 2003, s’est notamment réjoui du fait que le RFD occupe la position de premier parti politique du pays après ces consultations électorales et que la Coalition des forces pour le changement démocratique (CFCD) dont il est membre soit « largement majoritaire au vu des tendances du scrutin et donc capable de former un pôle stable dans la future Assemblée nationale ».

La CFCD est une alliance d’une dizaine de partis de l’ancienne opposition au régime déchu de l’ex-président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, renversé le 3 août 2005.

Les élections législatives donneront lieu à un second tour le dimanche 3 décembre dans plusieurs localités du pays. Etapes importantes pour le retour à un ordre constitutionnel normal, ces consultations avaient été précédées d’un référendum constitutionnel le 26 juin 2006. Elles seront suivies de sénatoriales en janvier 2007 et d’une élection présidentielle le 11 mars 2007.