Mohammed VI, Moulay Hassan, Lalla Soukaïna : l’IAAF confirme-t-elle des fréquentations étranges à Rabat ?

Le prince héritier Moulay El Hassan et le roi Mohammed VI

Après des révélations sur Mohammed VI qui aurait même entraîné son fils Moulay El Hassan dans ses étranges fréquentations, voilà que le procès de l’IAAF révèle des accointances compromettantes au sein même du palais de Rabat, au Maroc.

Des informations données par le journal Orient XXI, en décembre 2019, révélaient que le roi Mohammed VI du Maroc et son fils, Moulay El Hassan, fréquenteraient « des professionnels des arts martiaux mixtes, un sport de combat qui mélange pugilat et lutte au corps à corps. Ils ont un troisième frère, Omar, qui est leur manager, mais qui s’est aussi lancé récemment dans les affaires au Maroc ». Ces personnes  ne sont autres que les frères Azaitar.

Le journal, qui convoquait une dépêche de la MAP, l’agence de presse officielle marocaine, soulignait que ces trois frères « ont franchi les portes du palais royal de Rabat le 20 avril 2018, alors que le roi Mohammed VI les recevait pour célébrer la victoire d’Ottman au championnat du monde de la Brave Combat Federation et l’entrée d’Abou Bakr dans l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la plus importante ligue mondiale de ce sport de combat ».

« Les frères Azaitar sont devenus des inséparables du roi » Mohammed VI

Reprenant des publications anglo-saxonnes spécialisées en arts martiaux et des articles de la presse de Cologne, Orient XXI, revenait sur les écrits du journaliste canadien Karim Zidan, rédacteur en chef adjoint de la publication sportive Bloodyelbow, qui revenait sur la jeunesse sulfureuse des frères Azaitar, alors qu’ils étaient encore mineurs. « en novembre 2003 (…) Abou Azaitar et son frère Omar, comparurent devant un tribunal » à Cologne où « le premier fut accusé d’avoir infligé de graves lésions corporelles et le second de vol (…) ».

« Abou Azaitar, alors âgé de 17 ans (…), avait été inculpé pour avoir brutalement attaqué un homme d’affaires, menacé de le tuer en l’aspergeant d’essence et volé sa Ferrari. Il a été condamné en juin 2004 à deux ans et trois mois d’emprisonnement. Son frère Omar écopa, lui, de 20 mois avec sursis ». Toujours selon Bloodyelbow, Abou Azaitar purgea sa peine et fut libéré en 2006, mais ses problèmes avec la justice n’étaient pas pour autant finis ».

« L’année de sa sortie de prison, lui et à nouveau son frère Omar  ont été accusés d’avoir participé à une bagarre dans un gymnase d’arts martiaux, où ils ont violemment battu un homme jusqu’à lui casser le nez », poursuit le Bloodyelbow. Selon le quotidien Kölniche Rundschau, Abou Azaitar a également été poursuivi pour avoir agressé, un an auparavant, sa petite amie sur un marché de Noël en la frappant à plusieurs reprises jusqu’à ce que son tympan éclate.

« En première ligne lors de l’inauguration du nouveau voilier de Mohammed VI »

Toujours en décembre 2019, l’Orient XXI soulignait que « les frères Azaitar, et plus spécialement Abou Bakr, sont devenus des inséparables du roi » Mohammed VI. Quand cette amitié a commencé à germer, le Palais a même autorisé la diffusion officieuse de photos où Mohammed VI posait, souriant, avec le trio de sportifs lors d’un iftar (dîner de rupture du jeune pendant le ramadan), auquel il les avait invités, sur un canapé ou devant le dessin mural de ce qui semble être un robot ».

Le journal indiquait que «  le souverain a passé le premier week-end de juillet avec Abou Azaitar à Tanger, selon plusieurs journaux. On les a vus se promener en voiture décapotable, dîner sur un voilier à Marina Bay et inspecter ensemble le palais Moulay El-Mehdi pour le convertir en un club sportif royal dont la gestion devait être confiée à la famille Azaitar (…). Les trois frères Azaitar ont également voyagé avec le monarque. D’abord sur le yacht Al Lusial que l’émir du Qatar Tamin Ben Hamad Al-Thani, a mis à la disposition de Mohammed VI début août 2018, pour qu’il navigue en Méditerranée occidentale ».

« Depuis maintenant un an le Palais est plus discret et n’autorise pas les Azaitar à mettre en ligne leurs photos avec le roi, mais ils sont toujours là, sauf quand ils partent en compétition à l’étranger. Les matchs victorieux d’Abou Azaitar se terminent par des louanges et des remerciements à Mohammed VI, proférés depuis le ring, pour le soutien qu’il lui apporte. Les trois frères ont par ailleurs été vus, et même photographiés à la sauvette, l’été 2019 à la résidence royale de M’diq, près de Tétouan. Ils étaient aussi en première ligne le 14 juillet, lors de l’inauguration du Badis 1, le nouveau voilier de Mohammed VI », écrivait le journal.

Procès de l’IAAF, une fréquentation de trop dans la famille royale ?

Alors que les Marocains n’ont pas fini de dire leur étonnement face à ces comportements peu orthodoxes ayant pignon sur le palis de Rabat, voilà que le procès de l’IAAF, du nom de l’athlétisme mondial, vient en rajouter. Dans un procès qui se déroule en France, à Paris, et au cœur duquel se trouve empêtré l’ancien président de la Fédération Internationale d’Athlétisme, le Sénégalais Lamine Diack, intervient le nom de Mohammed VI. Cette fois, c’est une nièce du roi du Maroc qui s’est invitée aux débats.

Le procès de Paris tente de mettre la lumière sur une nébuleuse au sein de l’IAAF, en rapport avec une affaire de corruption, de dopage et autre abus de confiance. Outre Lamine Diack, son fils Papa Massata Diack est aussi accusé. Et le déroulement du procès tend à prouver qu’il est le principal artisan de cette affaire aux allures de scandale du siècle. Papa Massata Diack est même traité de « voyou » par son père qui dit avoir été informé par les enquêteurs de l’implication de son fils dans cette nébuleuse.

Papa Massata Diack est accusé d’avoir empoché des sommes faramineuses contre la promesse de faire étouffer des cas de dopage d’athlètes russes. Et avec ces sommes colossales, Diack-fils aurait acquis une Cartier qui aurait été localisée au bras d’une nièce de Mohammed VI, qui serait Lalla Soukaïna. Comment la Cartier a-t-elle atterri au bras de la nièce du roi Mohammed VI ? Un objet de valeur, acquis par un « voyou », et qui atterrit au palais de Rabat ! Les marocaines retiennent leur souffle.