Mohamed Hentati, un mannequin hors norme


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Le vent de liberté qui souffle sur Tunis n’épargne pas la mode masculine. La fashion week d’avril 2011 a prouvé la vitalité de la création tunisienne et les stylistes de la nouvelle génération n’ont reculé devant aucune provocation… pas seulement en matière de textiles. Rencontre avec Mohamed Hentati, jeune mannequin vedette de la fashion week. Propos recueillis par Mehrez Ben Hamouda.

Afrik : Vous avez fait sensation en défilant avec des créations pour femme, était-ce par provocation ?

Mohamed Hentati : Ce n’était pas une provocation, mais dans l’esprit du styliste pour lequel je défilais, c’était plutôt de l’art. L’art n’a pas de limite… Pour ma part j’ai accepté de défiler en robe comme un défi, pour me surpasser. J’ai fait l’ouverture de la fashion week en gladiateur viril, et j’ai fait la clôture en portant une robe : c’était une manière de montrer qu’un mannequin n’est pas seulement une marionnette qu’on habille, mais un artiste, et un acteur. Chacun de nous a une part de féminité en lui, c’est ce que nous voulions exprimer.

Afrik : Quelle a été la réaction du public ?

M.H. : La réaction du public m’a vraiment touché. Ce fut un moment magique, que je n’oublierai jamais… Les spectateurs et les spectatrices m’ont profondément étonné et impressionné : dès que j’ai fait mon apparition en robe, les gens se sont levés pour applaudir, le public était surpris, et en même temps charmé… C’est tout la magie de cet instant un peu irréel, où les personnes présentes ont exprimé leur adhésion à ce jeu de transformation par la grâce du vêtement et de mon interprétation.

Afrik : Vous défiliez pour Ahmed Talfit, qui est ce créateur ?

M.H. : Ahmed Talfit est un jeune styliste tunisien, qui fait sa dernière année à l’école ESMODE TUNIS, qui est un garçon impressionnant, bourré de talent, unique en son genre. La plupart des modèles qu’il a présentés ont remporté un véritable succès lors des défilés. Par exemple la robe que je portais était noire, tout simplement, parce que noir est sobre, profond, et surtout chic. Ahmed Talfit utilisait le noir pour montrer un aspect avant-gardiste et extravagant, en accord avec le thème du défilé, qui était « la bombe atomique ».

Afrik : La révolution du jasmin touche aussi la mode ?

M.H. : La société tunisienne est en plein changement : nous vivons une révolution, et elle touche tous les milieux, même celui de la mode, qui était déjà dans une certaine mesure un milieu de transgression et de liberté. Ainsi nous étions à l’avant-garde de cette modernité qui aujourd’hui est partagée par tous les milieux.

Afrik : Vous-même, quel âge avez-vous ?

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M.H. : J’ai 19 ans, mais j’ai déjà une certaine expérience : avant de devenir mannequin, j’ai commencé par faire de la figuration dans différents clips et films, j’ai fait des séances de photo en tant que modèle, pour le styliste tunisien Omar Njéh qui a présenté sa collection durant la Fashion Week 2010… Et désormais je compte bien connaître une carrière de mannequin international.

Par Mohamed Mehrez Ben Hamouda

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