Mogadiscio, mon amour

La Somalie n’a pas de gouvernement central. L’opposition ne croit pas si bien dire. La Somalie est une addition d’échecs. Politiques et économiques. Elle est en proie à une guerre sans fin. Si le monde se souvient encore un peu de ce pays, c’est grâce à la volonté de Kofi Annan de maintenir, coûte que coûte, une présence onusienne, même infime. Dans cette guerre sans vainqueur et sans vaincus, les civils demeurent les victimes expiatoires d’hommes politiques aux ambitions démesurées. Si le gouvernement de transition contrôle quelques quartiers de Mogadiscio, le reste du pays lui échappe totalement, partagé entre les différents protagonistes aux objectifs flous.

Même la terminologie politique prend des formules bizarres, renvoyant à un passé moyenâgeux. Les opposants armés deviennent des chefs de guerre, par un passe-passe sémantique, et le pouvoir une faction armée  » comme les autres « . Quand la raison déserte le pays.
Nairobi. Le président kenyan, Daniel Arap Moi, ne se trompe pas en parlant de dernière chance pour les Somaliens. Le principal problème pour Abdoulkassim Salat Hassan, président somalien de transition, et ses opposants demeure la légitimité du pouvoir. Pour l’opposition, le Gouvernement national de transition (GNT) ne peut se prévaloir d’aucune autorité. Et ne peut donc négocier en position forte. L’Etat somalien est décédé depuis très longtemps.

Toutes les parties, même  » les chefs de guerre « , ont donné leur accord pour participer à une conférence de réconciliation. Le seul point positif de Nairobi est l’acceptation de tous les protagonistes de se parler, de dialoguer. Le reste, la reconstruction de l’Etat, le retour de la paix, est plus problématique. Aux Somaliens de prouver le contraire.