Mogadiscio : « Les explosions sont quotidiennes et vous pouvez être pulvérisé en un instant »

Près de 27 000 personnes ont fui Mogadiscio, en proie à la violence, lors des deux derniers mois. Certains rejoignent des villes déjà surpeuplées par les déplacés sucités par seize années de crise en Somalie. C’est le cas à Galkayo, à la frontière du Puntland.

Avec Panapress

La recrudescence de l’insécurité dans la capitale somalienne, Mogadiscio, a entraîné le départ de quelque 27 000 personnes depuis juin, selon un communiqué rendu public lundi, à Nairobi, par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Environ deux tiers d’entre elles ont trouvé refuge dans les provinces voisines des Shabelles, mais 2 600 ont fui vers le nord, à Galkayo, une ville située à 700 kilomètres de la capitale, dans la région stable du Puntland, au nord-est du pays. Parfois avec l’espoir de pousser plus au nord vers les pays du Golfe, sans succès.

« Avant, la vie était supportable [à Mogadiscio. Mais] quand les gens commençaient à échanger des tirs, vous pouviez toujours survivre en vous cachant derrière un mur ou en fuyant aussitôt après avoir entendu les coups de feu », témpoigne Ali, qui s’est enfui de Mogadiscio il y a un mois. « Maintenant, les explosions sont quotidiennes et vous pouvez être pulvérisé en un instant. » A cette peur d’être atteint par une explosion s’ajoute celle d’être victime d’une « arrestation arbitraire » des forces régulières.

Les déplacés succèdent aux déplacés

Entre les mois de février et mai dernier, plus de 400 000 civils ont fui pour échapper aux combats à l’arme lourde qui ont opposé à Mogadiscio le Gouvernement fédéral de transition, appuyé par les forces éthiopiennes, aux insurgés. Près 125 000 d’entre eux ont par la suite regagné la capitale mais le retour de la situation d’insécurité a de nouveau jeté sur les routes 6 000 personnes au mois de juin et 21 000 en juillet.

Des rescapés, qui ont subi extorsions, viols et autres violences physiques ont raconté au HCR combien le voyage de Galkayo est périlleux. Jusqu’à 50 000 personnes déplacées ont trouvé refuge dans cette ville au cours des 16 dernières années pour profiter du calme relatif qui y prévaut, malgré les batailles inter-claniques.

De fait, « les nouveaux arrivés rejoignent les camps qui sont déjà surpeuplés [et mettent] davantage à contribution les capacités des populations locales à faire face à la charge que représente l’accueil d’un si grand nombre d’individus », explique Guillermo Bettochi, le représentant du HCR en Somalie. Une forte pression est ainsi exercée sur les ressources en eau, les services d’assainissement, d’éducation et de santé.

Droit photo : UNHCR/C.Weibel

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