Miriam Makeba fait ses adieux à la scène

Miriam Makeba quitte la scène. L’artiste sud-africaine, véritable légende la musique africaine, devrait commencer une tournée d’adieu fin septembre. Une tournée d’adieu de plus d’un an. A 73 ans, celle que l’on surnomme « Mama Africa » explique accuser le poids de l’âge. Femme de combat, elle est l’une des grandes figures culturelles de la lutte anti-Apartheid.

Mama Africa tire sa révérence à la scène. A 73 ans, Miriam Makeba entamera, fin septembre, une tournée d’adieu internationale de 14 mois, pour terminer sereinement ses vieux jours à Johannesburg. Monstre sacré de la musique africaine, l’artiste sud-africaine est un symbole fort de la lutte contre l’Apartheid.

« Je me dois de dire adieu dans chacun des pays où je suis allée, si je peux. J’ai 73 ans, cela me pèse (…) Après je resterai chez moi et serai juste une arrière-grand-mère », a-t-elle expliqué. Et Dieu sait si elle en a fait des pays. Mais son unique grand voyage restera son exil de 31 ans. Un exil précipité après son apparition dans le film anti-Apartheid Come Back Africa. Une prestation à l’issue de laquelle les autorités ségrégationnistes lui enlèvent sa citoyenneté. Citoyenne du monde par la force des choses, elle deviendra également persona non grata aux Etats-Unis, après son mariage avec un activiste noir, Stokely Carmichael.

Une voix, du talent, un coeur

Si les néophytes ne la connaissent que par Pata Pata, son tube planétaire de nombreuses fois repris et dont la plus populaire des récentes versions reste celle de la Sénégalaise Coumba Gawlo, elle dispose d’un répertoire immensément plus riche. Elle s’inscrit, entre autres, comme l’une des plus belles voix féminines du jazz. Un talent reconnu de Johannesburg à New York et de Paris à Tokyo. Couverte de multiples récompenses internationales, elle est l’une des rares artistes africaines à avoir décroché un Grammy Award aux Etats-Unis (avec Harry Belafonte en 1966 pour An evening with Belafonte Makeba dans la catégorie meilleure musique folk).

Les Sud-africains lui reconnaissent non seulement du talent pour sa voix mais aussi pour son combat pour l’égalité et les droits de l’Homme. Ils l’ont placée en 2004 à la 38e position des plus illustres personnages de la nation. Celle qui n’a regagnée sa terre natale qu’après la libération de Nelson Mandela, en 1990, a affiché son militantisme pour « la vérité » auprès de Paul Simon et Ladysmith Black Mambazo, pendant l’historique tournée internationale du Graceland tour en 1987 et 1988. Deux années plus tard, elle rejoindra Odetta et Nina Simone pour le One Nation tour.

Dernier tour de scène, chacun de ses derniers concerts devrait être plus unique que jamais. Et les heureux élus devraient partager un inoubliable moment d’émotion. Pour autant, la fin de la scène ne signifie pas la fin de sa carrière. Car Mama Africa n’entend pas renoncer au studio. « (…) Aussi longtemps que je garderai ma voix, je continuerai à enregistrer », explique-t-elle. La grande Dame n’a donc pas fini de nous enchanter.