Minute de silence en hommage à Camille Lepage, la journaliste tuée en Centrafrique

Une minute de silence a été observée ce mardi matin sur le parvis de l’Hôtel de ville, à Paris, en hommage à Camille Lepage, 26 ans, retrouvée morte en Centrafrique alors qu’elle effectuait un reportage la semaine dernière.

Une soixantaine de personnes ont tenu à rendre hommage ce mardi matin à Camille Lepage tuée la semaine dernière lors d’un reportage en Centrafrique. Une minute de silence a été observée en mémoire de la journaliste française, 26 ans, sur le parvis de l’Hôtel de ville, à Paris, au moment où ses obsèques se déroulaient dans la cathédrale d’Angers.

Plusieurs journalistes et photographes ont fait le déplacement, vers 10 heures, afin de saluer la mémoire de la jeune femme devant une petite estrade sur laquelle se trouvait sa photo. C’est Lorenzo Virgili, de l’agence Hans Lucas qui diffusait les photos de Camille Lepage, qui était à l’origine de ce rassemblement. Il a fait signer un livre d’or aux participants à la minute de silence qui sera envoyé aux parents de la journaliste.

« Un hommage dérisoire mais essentiel »

C’est un « hommage qui peut sembler dérisoire, mais qui est essentiel : c’est rendre justice à ce qu’a été sa vie, sa vocation de photoreporter », a expliqué à l’AFP Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), qui participait à cette cérémonie.

« Etre là aujourd’hui, c’est se rappeler qu’elle était ce que nous devons tous être », a pour sa part déclaré Edith Bouvier, grand reporter au Figaro grièvement blessée en Syrie en 2012 et rapatriée en France. Elle a aussi loué le « courage et la volonté » de Camille Lepage. Des photographes anonymes ont également pris part à la cérémonie à l’instar de Nicolas qui a eu connaissance de l’évènement via Facebook. « J’admire ce qu’ils font. […] Les gens sont vraiment contents d’avoir des images mais ils ne veulent pas payer pour. C’est triste de finir comme ça », a-t-il dit.

Pour rappel, Camille Lepage, photographe indépendante, a été tuée dans une embuscade dans la région de Bouar (ouest), près du Cameroun et du Tchad. Cette zone est l’une des plus touchées par les affrontements entre groupes armés en Centrafrique. Le décès de la jeune femme avait été annoncé le 13 mai par l’Elysée. Il porte à 18 le nombre de journalistes tués depuis le début de l’année, selon Reporters sans Frontières.