Mimi, une infanticide récidiviste

Une horrible affaire secoue en ce moment Mossikro, quartier précaire de la commune de Yopougon à Abidjan. Une femme, après avoir accouché toute seule s’est débarrassée de son bébé sans état d’âme. Mimi, la mère a étouffé son nouveau né dans son berceau avant de le jeter quelque part dans la nature.

L’abandon des bébés dans les décharges est un fait tout à fait connu à Abidjan. Mais pas pour ce qui est des mamans infanticides. Mimi O., une jeune femme d’une vingtaine d’années, a étouffé son enfant après avoir accouché, toute seule à Mossikro dans la ville d’Abidjan, à-t-on appris par des parents de la jeune femme. Pour en savoir plus, nous avons joint Ruth Guéhi, une cousine de la famille. Selon elle, les faits remontent à la semaine dernière. La jeune femme enceinte est prise de contractions pendant qu’elle fait du commerce sur une voie intermédiaire au quartier Mossikro de Yopougon. Sans alerter personne Mimi se rend discrètement dans la chambre de sa tante chez qui elle loge depuis plusieurs années. Une fois seule, elle accouche et ressort comme si de rien n’était.

Une voisine de la cour commune dans laquelle vit Mimi remarque l’amincissement de la jeune femme. Elle veut en savoir plus sur les circonstances de l’accouchement, le sexe du bébé, comme il est de coutume en Afrique. Mais à sa grande surprise la jeune femme lui fait savoir qu’elle n’était pas enceinte et donc n’avait pas pu accoucher.
La femme éberluée appelle toute la cour à l’aide, dont la tante de la jeune femme absente de la maison. Après plusieurs interrogatoires menés par les habitantes de la cour, Mimi ne dira pas un mot. Exténuées, les femmes font appel à des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), reconnus pour leur interrogatoire musclé. Malgré cela, Mimi maintient toujours sa position. Elle n’était pas enceinte et n’avait pu accoucher d’un quelconque enfant.

Elle camoufle le bébé dans un berceau, sous une pile de draps

Après des recherches infructueuses du nouveau-né, la tante décide de se débarrasser de la jeune maman infanticide. Ce n’est qu’après son départ de la maison, vers une destination inconnue, que sa tante découvre dans le berceau, que Mimi avait pris soin de bien camoufler, une marre de sang. L’odeur pestilentielle qui se dégage du berceau témoigne de ce que le bébé a subi.

La thèse de l’étouffement est plausible. Visiblement, la jeune femme avait étouffé son bébé dans les draps du berceau juste après l’accouchement. Et s’était empressé d’emporter le corps de l’enfant emmitouflé dans des draps. Elle s’en est débarrassée une fois dehors. Et malgré toutes les recherches, le corps de l’enfant n’a pas encore été retrouvé. Seules les traces de sang retrouvées dans le berceau prouvent que le bébé a effectivement vu le jour dans la chambre à coucher.

Selon Ruth Guéhi, Mimi n’a aucun antécédent pathologique mental. Elle serait en possession de toutes ses facultés. Elle reconnait cependant que Mimi n’en n’est pas à son premier infanticide. Mère de deux autres enfants, elle avait tenté de se débarrasser de son petit garçon de deux ans. Elle avait procédé de la même façon. Après avoir accouché toute seule dans la douche, elle eut la sombre idée de se débarrasser de son bébé dans la cuvette des toilettes. Elle fut alors surprise au moment où elle s’apprêtait déverser un seau d’eau sur le nouveau né.

Aucune charge d’accusation ne pèse contre la jeune femme. Aucune recherche n’a également été entreprise. Originaire de Fakobly, dans l’ouest de la Cote d’Ivoire, elle se serait réfugiée dans le quartier de Gesco, dans la commune de Yopougon, chez un parent.