Mimi Barthélemy : l’art du mot et la magie du verbe

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Dans les écoles, les centres culturels ou les bibliothèques, Mimi Barthélemy, la conteuse, l’artiste est présente et avec elle les enfants découvrent ou redécouvrent les joies du conte. Portrait de cette femme aux multiples talents.

Par Marie-Michaël Manquat

Mimi Barthélemy vient au monde un certain 3 mai à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, où elle grandit avant de poursuivre des études supérieures à l’université Paris X en France. En 1975, licence et maîtrise en lettres espagnoles dans ses valises, elle prend la route en globe-trotteuse et traverse le monde. Elle se rend en Amérique du sud, en Asie du Sud sans oublier l’Afrique, notamment spécifiquement le Maroc où elle a vécu. Ses chemins de traverses l’amènent en République du Honduras, pays d’Amérique centrale situé entre la Mer des Caraïbes le Nicaragua et le Golfe de Fonseca. Là, elle dépose son paquetage durant une bonne année et va à la rencontre des Garifunas, peuple indien descendant des Amérindiens caraïbes d’origine arawak. Elle travaille avec eux à la création d’un spectacle mettant en avant la réappropriation de l’histoire oubliée de cette ethnie suite à sa déportation au 18e siècle. Cela lui apportera une certaine maturité.

Globe-trotteuse du conte

Riche de toutes ces années d’expériences, 1980 marque son retour en France métropolitaine, particulièrement sur le campus de Paris VIII en préparation d’un doctorat d’études théâtrales et cinématographiques sur le « Théâtre de l’identité dans les minorités ».
Sensibilisée par la nécessité d’une transmission de sa culture originelle, c’est naturellement que sa route artistique trouve son tracé vers l’écriture d’histoires et de contes puisant sa source dans le patrimonial pluriel haïtien et caribéen tout en liant les langues créoles et française. C’est en grande professionnelle respectueuse de son art que Mimi entreprend un long travail sur sa voix mise au service de ses écrits qu’elle conte, chante, joue pour petits et grands, seule ou accompagnées de ses musiciens, sur les scènes nationales et internationales, dans les centres culturels, dans les bibliothèques, dans des appartements privés ou encore dans les prisons et hôpitaux.

Créatrice de la compagnie « Ti Moun Fou » et plusieurs fois maman, elle partage notamment la scène au festival d’Avignon en Off l’été 2001 avec sa fille, la plasticienne Elodie Barthélemy, dans l’interprétation en duo gestuel de sa pièce Une très belle mort. Elle anime en 1987 « Le Petit Contoir », lieu pour le conte à la Cité Véron à Paris. Plusieurs fois récompensée, elle reçoit le Becker d’or en 1989, en 1992 le prix Arletty de l’université de langue française, en 2000 le grade de Chevalier de l’Ordre National du Mérite et en 2001 celui d’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Son actualité littéraire :

 Dis-moi des Chansons d’Haïti / Kèk Chante Ayiti, pa di mwen ! / Tell me a Song from Haiti

Chansons traditionnelles illustrées par des peintures d’artistes haïtiens, chantées et racontées pour les enfants. Livre + Cd trilingue français, créole et anglais .Ed. Kanjil. 2007

 Crapaud et la clef des eaux
La jeune Simbi, qui détient la clef des eaux et vit en parfaite harmonie avec les animaux, part en voyage. Avant de s’en aller, elle confie la fameuse clef à Crapaud. Flatté, celui-ci se rengorge, enfle de prétention et… coupe l’arrivée de l’eau !
Un conte haïtien à la langue savoureuse, sur la bêtise et l’abus de pouvoir.
Ed. Paroles de Conteurs

 Le Fulgurant

Dans ce texte puissant, animé d’un souffle épique, Mimi Barthélemy met en scène des héros, des demi-dieux, des êtres d’exception pleins de fureur, de verve et d’extravagance.
Comme ceux qui peuplent la mémoire et la mythologie des deux îles de la Caraïbe qui l’ont inspirée : Cuba et Haïti. Ed. Kanjil. 2007

 L’exploit des huit petits orphelins
Collection Jeunesse, Editha – Ed. haïtiennes (2007)

 Plus d’infos : www.mimibarthelemy.com

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