Messieurs les négriers de « l’indépendance africaine », arrêtez les dégâts !

Une journée d’hommage aux jeunes émigrés africains noyés dans la mer alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe est organisée ce samedi, à Paris, par plusieurs ONG et organes de presse. A l’initiative du projet, Lanciné Camara, directeur de publication du magazine bimestriel Le Devoir Africain. Il nous fait part de son indignation. Un sentiment qui l’a conduit à organiser cette manifestation.

Par Lanciné Camara.

Jadis, les bras et cerveaux du continent noir étaient embarqués de force sur des bateaux pour aller développer l’Europe, l’Amérique et, bien entendu, certains pays arabes. Nous pensions qu’avec la libération et l’indépendance des pays africains, le continent noir se donnerait les moyens de vaincre les démons de l’esclavage et du banditisme économique et culturel. Que les deux cents ans d’indépendance en Haïti, pendant lesquels la violence et les régimes médiocres ont détruit ce pays qui avait tout pour servir de modèle, allaient faire réfléchir ceux qui rêvaient de se transformer en « négriers de l’indépendance » du monde noir. Que 159 ans après la proclamation de l’indépendance libérienne, les dictateurs noirs de ce pays feraient tout pour ne pas « haïtiser le Libéria ». Et enfin, que de la Guinée-Conakry au Rwanda, les « camps Boiro » et les régimes de génocide organisés ne pouvaient être tolérés, encouragés, et entretenus pour causer de nouveaux dégâts.

A tel point que de jeunes africains préfèrent prendre la mer vers l’Espagne ou l’Italie, ou crever dans les airs comme Fodé et Yaguine qui, en 1999, dans une lettre testament, ont décrit le mauvais sort fait à leur pays et à la jeunesse africaine par les négriers de l’indépendance qui se disent « patriotes libérateurs ». C’est une sorte de « grippe aviaire politique » contre l’avenir. Maintenant que nous savons que l’impérialisme, le colonialisme, l’exploitation, la mauvaise gouvernance et la corruption se trouvent dans leur camp, ne laissons plus les nouveaux négriers enfoncer le monde africain dans la pauvreté, l’humiliation et les violations des droits de l’Homme.

Journée d’hommage aux jeunes émigrés africains noyés dans la mer alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe

Samedi 2 décembre, 13h45, bourse du travail de Paris (Salle Croizat). 3, rue du château d’eau. 75011 Paris. Métro : République.

Les organisateurs : Le Devoir Africain, l’Union internationale des journalistes africains, le journal Nouvelle Solidarité et Progrès ; avec le soutien de la Fédération des Travailleurs d’Afrique en France.

Les témoignages écrits des participants pourront donner lieu à publication.

Cette journée d’hommage marquera le point de départ d’une campagne d’information et de recherche de solutions pour mettre fin à « ce fléau des temps modernes ».

Pour plus d’informations : 06 19 78 84 17 ou 01 48 93 70 12.