Menace terroriste au Nord-Mali : la France soutiendra les Africains à l’ONU

Le président français François Hollande a affirmé ce lundi qu’une « menace d’installation de groupes terroristes » pesait sur le Nord-Mali, à l’issue de sa rencontre avec le chef de l’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou. La France apportera son soutien aux « Africains » qui présenteront une résolution aux Nations unies pour intervenir au Mali.

« Il y a une menace d’installation de groupes terroristes au nord-Mali », a déclaré ce lundi le président français François Hollande après un entretien avec son homologue nigérien, Mahamadou Issoufou en visite à Paris. Le Nord-Mali est occupé par les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), qui ont proclamé de façon unilatérale l’indépendance de la région, et les islamistes d’Ançar Dine, proches d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ces derniers ont été rejoints par plusieurs autres groupes terroristes islamistes. Des « jihadistes afghans, pakistanais, en tout cas étrangers au Mali (…) entraîneraient des groupes terroristes », a indiqué le chef de l’Etat nigérien. « La situation est préoccupante, il s’agit d’une menace non seulement pour la sous-région mais aussi pour le monde », a-t-il poursuivi.

Faire voter une résolution à l’ONU pour intervenir au Mali

« Cette menace existe, a insisté François Hollande, c’est aux Africains de la conjurer, à eux de décider. La Cedeao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, ndlr) en est à la fois l’instrument juridique et l’instrument éventuellement militaire ». Sous l’égide de l’Union africaine (UA), la Cedeao devrait présenter une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies, le 15 juin prochain, pour une intervention dans cette région du Mali qui représente les deux tiers du pays. « Si on peut trouver une solution négociée, tant mieux, si on ne peut pas (…), nous serons obligés de recourir à la guerre avec pour objectif de restaurer la démocratie au Mali et de restaurer l’intégrité territoriale au Mali », a fait savoir le président Issoufou.

La France s’est dite prête à soutenir la résolution aux Nations unies et le déploiement d’une force africaine au Mali. « Aux Africains de saisir le Conseil de sécurité (de l’ONU, ndlr). Nous, nous appuierons la résolution qui sera présentée par la Cedeao. Si une intervention est décidée, c’est aux Africains de la mener, la France comme d’autres puissances se mettant au service des Nations unies », a affirmé François Hollande. Le chef de l’Etat français confirme ses positions dans le règlement de la crise malienne. Au président en exercice de l’Union africaine, le président béninois Boni Yayi, qu’il a rencontré le 29 mai, François Hollande avait déjà indiqué que la France n’interviendrait au Mali que sous mandat onusien.

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