Menace sur les exportateurs camerounais

La rénovation du pont de Wuri, l’une des principales voies d’accès au port de Douala, promet une année 2003 difficile pour les exportateurs camerounais. Près de la moitié des produits exportés par le pays doivent emprunter ce pont déjà saturé en temps normal.

Prévue pour février 2003, la rénovation du pont de Wuri, au Cameroun, où transitent près de la moitié des produits destinés à l’exportation, promet bien des désagréments. Ce pont encombré en temps normal est l’un des principaux moyens d’accéder au port de Douala, capitale économique du pays.

Un pont stratégique

Le début des travaux est prévu pour février 2003 et ceux-ci doivent dans le meilleur des cas durer six mois. Ordinairement, le pont est saturé et les moins patients vont jusqu’à emprunter le chemin de fer qui le traverse.  » Nous mettons trois heures pour traverser ses trois kilomètres « , confirme un employé du port de Douala. Et pour cause,  » le pont est stratégique pour l’ensemble de l’économie nationale « , nous explique un cadre technique du port. Pour M Goeritz, patron d’une société leader dans les transports maritimes,  » 45% des produits destinés à l’exportation doivent l’emprunter « .

Les solutions envisagées

Un plan prévoit d’interdire sa circulation aux taxis et de ne l’autoriser aux camions que de nuit. Le transport ferroviaire sera stoppé. Les plus grandes difficultés vont concerner les exportateurs de bananes et autres produits agricoles. Ces derniers pourront difficilement supporter des heures en plein trafic. M Heleras, de la société Del Monte (bananes), prévoit d’emprunter le transport maritime. Le bois, dont le Cameroun, via Douala, est un grand exportateur, utilise essentiellement ce mode de transport et sera donc peut touché par la crise. Pour M Furniss, transporteur routier, la solution serait de louer un entrepôt sur l’autre rive de la rivière Wuri afin que ses camions ne restent pas improductifs. D’autres se font moins de soucis.  » Cela fait des années que l’on nous annonce des travaux sur ce pont. Rien ne sera fait « , confie un employé du port.