Menace de marée noire au Cameroun

Des tonnes de pétrole brut s’échappant du terminal du pipe-line Tchad-Cameroun se déversent, depuis mardi, dans la mer au niveau de la plate-forme d’Ebome, une localité située à 6 km de la ville de Kribi, au sud du Cameroun. La population, inquiète, attend une réponse concrète des autorités.

Au niveau de la mer, à Kribi, les pêcheurs ont remarqué de grosses masses noires sur les eaux de l’Océan Atlantique. « Je suis allé pêcher. J’étais déjà à deux kilomètres des berges, quand j’ai été surpris de constater des choses gluantes qui surnageaient à la surface des eaux. J’ai touché et j’ai reniflé la chose. L’odeur était celle du pétrole, mais plus acre », témoigne Michel Bowehe, un pêcheur de la localité.

Les craintes des populations se multiplient. « Nous sommes inquiets pour la faune. Parce que si la fuite n’est pas arrêtée, les poissons vont mourir et nous n’auront plus rien à manger », déclare un riverain.

Les inquiétudes se lisent sur les visages des riverains. « Nous ne saurions accepter que nos belles plages se souillent et que nos enfants meurent de faim », tonne Jules Ntonga, un notable de Kribi.

La situation a mobilisé la descente du comité interministériel dont les membres n’ont pas pu accéder au lieu du sinistre. « Il nous faut un hélicoptère pour nous y rendre. Sans cela, nous ne pouvons qu’attendre les rapports de la Perenco ou de la COTCO », déclare un membre dudit comité.

Les responsables du site pétrolier minimisent la situation

Toutefois, à Kribi, on pense que « les problèmes de pétrole sont gérés directement par la présidence de la République et nul ne saurait s’y mêler sans avis motivé. Alors, ce qu’il y a à faire, c’est d’alerter les responsables qui vont prendre les mesures adéquates ».

Les responsables de Perenco, une société d’exploration et d’exploitation pétrolière, minimisent la situation. « La situation n’est pas grave comme on le pense parce qu’à la construction, nous avions prévu des filtres tout autour de cette zone en prévention d’une éventuelle fuite. C’est le cas aujourd’hui. Les filtres vont recueillir le brut et ce n’est qu’une infime partie qui s’y échappe. Pour l’instant, nous faisons tout pour remédier à la situation ».

Pour M. Bokamba, président du Comité de développement du débarcadère de Mboamanga (CDDM): « on ne pouvait construire un site pareil sans qu’il n’y ait un jour des fuites. Il y a peut-être une petite quantité, mais aujourd’hui c’est sérieux. Je crois que les choses vont rentrer dans l’ordre d’ici peu ».

© Photo : Natys – LPO