Mehdi Jomâa Premier ministre, les Tunisiens n’en veulent pas

Alors même qu’il n’a pas encore pris officiellement fonction, Mehdi Jomâa semble ne pas faire l’unanimité au sein de la classe politique et de la société civile pour occuper le poste de Premier ministre.

Les dernières tractations au sein du Dialogue national ont abouti à la nomination précipitée de Mehdi Jomaâ, ministre sortant de l’Industrie. Sa nomination comme l’affirme Le Monde, aurait été prononcée sous la pression de l’Occident.

Pion de l’Occident ?

Fin décembre à Tunis, les principaux ambassadeurs de l’Union européenne et celui des Etats-Unis se réunissent dans le cadre de la solution idéale pour sortir la Tunisie du bourbier politique dans lequel elle est plongée depuis plusieurs mois. Ensemble, ils se seraient mis d’accord pour éclairer la candidature de Mehdi Joamâa au poste de Premier ministre. Le 11 décembre dernier, une photo publiée sur Facebook montre d’ailleurs l’ambassadeur allemand Jens Plötner en train de déjeuner avec Mehdi Jomâa, à l’occasion d’un mystérieux déplacement commun dans la région de Béja. La photo de ce « méchoui party » a fait le buzz.

Quelques jours avant sa nomination, Mehdi Jomâa était à Paris. Il a profité de ce voyage pour participer à une table ronde du Forum EMCC à l’hôtel Mariott des Champs-Elysées. Sa présence semblait être très appréciée par les acteurs de la scène politique et économique française présents ce jour-là. Ce forum avait été l’occasion d’approcher Mehdi Jomâa afin d’obtenir des réponses sur le climat des affaires dans le secteur de l’industrie en Tunisie ou encore sur les grandes difficultés que traversent, entre autres, les entreprises de la région de Béja. En vain. Ce dernier refuse toute demande d’interview.

Bien que son passage au ministère de l’Industrie fut furtif, Nawaat.org a établi un premier bilan de son activité. Cap sur la corruption au sein du ministère de l’Industrie.

Le laxisme de Jomâa

La Cour des comptes a récemment publié un rapport sur la corruption et les malversations dans le secteur gazier. Il s’avère que de graves dépassements ont été commis durant les dernières années, tant au ministère de l’Industrie qu’au sein des entreprises et des établissements sous sa tutelle. Mais le plus surprenant, c’est qu’au lendemain de la révolution, alors que les Tunisiens exigent la fin de la corruption, Mehdi Jomâa, lui, a maintenu à leurs postes des personnes impliquées dans ces affaires de corruption.

Le collectif de blogueurs du site Nawaat.org se demande donc « comment est-ce que Jomâa pourrait honorer l’engagement de son “éventuel futur” gouvernement à lutter contre toutes les formes de corruption, alors que, manifestement, nous avons là ce qui ressemble fort à un laxisme de sa part à traiter le dossier de la corruption relatif au passif -certains affirment relatif au présent également- du ministère qu’il chapeautait ? » La question reste en suspens étant donné que le premier intéressé ne souhaite, pour l’heure, donner aucune interview à la presse. Une pétition a été lancée afin que Mehdi Jomâa soit interrogé en séance plénière sur la question de la corruption dans le secteur pétrolier et minier.

Dans son article,