
Sous la présidence du ministre camerounais Luc Magloire Mbarga Atangana, la 14e conférence ministérielle de l’OMC qui se tient au palais des congrès de Yaoundé a atteint hier un point décisif. Ce troisième jour de travaux a été marqué par une intensification des négociations sur des dossiers techniques complexes, allant de la réforme du système de règlement des différends aux subventions à la pêche, annonçant les grandes lignes de l’accord final.
La journée a débuté par un point de situation crucial sur la réforme du mécanisme de règlement des différends. L’objectif affiché par les ministres était de restaurer un système pleinement fonctionnel et accessible d’ici la fin de l’année, répondant ainsi aux préoccupations sur la paralysie de l’organe d’appel qui freine la sécurité juridique des échanges mondiaux.
Pêche et numérique : les priorités africaines en débat
Les sessions ministérielles de l’après-midi ont abordé des thématiques de premier plan pour l’équilibre du commerce mondial. Les discussions ont visé à finaliser des disciplines supplémentaires pour interdire les subventions favorisant la surpêche et la pêche illégale, un enjeu vital pour la durabilité des ressources marines, particulièrement pour les nations côtières africaines.
Un débat vif s’est également tenu sur le programme de travail et le maintien du moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques. Plusieurs membres, dont le groupe des pays ACP, ont plaidé pour un renforcement des capacités numériques afin que le Sud ne soit pas marginalisé dans l’économie de demain.
IFDA et transition des PMA : des avancées majeures
La question de l’intégration de l’accord sur la facilitation de l’investissement pour le développement (IFDA) dans le cadre juridique de l’OMC a été examinée, visant à rendre les flux de capitaux plus transparents et prévisibles.
Bien que les textes définitifs ne s’adoptent qu’à la clôture, plusieurs avancées majeures ont été enregistrées ce jour. Des mesures spécifiques pour accompagner les pays sortant de la catégorie des PMA ont reçu un large consensus, visant à garantir une transition économique sans heurts. Le ministre du commerce camerounais a porté la voix des pays du C4+ (Bénin, Burkina Faso, Mali, Tchad). Ainsi, ils exigent un accord équitable réduisant les distorsions commerciales affectant ce secteur vital.
En marge des sessions officielles, le Cameroun a renforcé ses liens avec des partenaires comme l’Argentine, ciblant des investissements dans l’agriculture et l’énergie.
La conférence se poursuit avec la réunion des chefs de délégation pour finaliser la « déclaration de Yaoundé ». C’est un document attendu comme le socle d’une OMC revitalisée et plus inclusive.




