Mauritanie, opposition muselée

Le principal parti d’opposition mauritanien, l’UFD/EN, a été dissous par le ministre de l’Intérieur. Ses cadres ont été arrêtés. Le colonel Maaouya Ould Taya adresse un message clair à l’opposition : la Mauritanie, c’est moi.

Le régime mauritanien se porte bien. Economiquement, il n’a jamais été aussi fort. Sa solidité devient arrogance. Le président Ould Taya ne s’embarrasse plus de vernis démocratique. Dissolution du principal parti d’opposition, l’Union des forces démocratiques/Ere nouvelle (UFD/ER), et arrestations de militants récalcitrants.

Le ministère de l’Intérieur s’est appuyé sur une vague accusation pour dissoudre l’UFD/ER, le 28 octobre dernier. Les locaux de ce parti ont été mis sous scellés et ses cadres emprisonnés ces derniers jours pour appartenance à une organisation clandestine. La Sûreté de l’Etat, dirigée par un proche du président, s’acharne à étêter le mouvement. Pour le président de l’UFD, Ahmed Ould Daddah,  » c’est le gouvernement qui doit être poursuivi pour collaboration avec l’ennemi « . En clair, il reproche aux autorités le maintien de ses relations avec Israël. Il ne se fait pas trop d’illusion sur un possible recours devant la Cour d’Etat :  » La justice n’est pas indépendante. Elle est entièrement soumise à l’exécutif  »

Islam, diamants et matraque.

Ould Taya, au pouvoir depuis seize ans, veut faire savoir qu’il n’y a qu’une seule politique en Mauritanie : la sienne. Il entend poursuivre ses relations avec l’Etat hébreu même s’il doit subir des humiliations des autres pays musulmans. Baghdad avait notamment refusé , il y a quelques jours, l’atterrissage à un avion humanitaire mauritanien. La persévérance de Ould Taya est récompensée par la bienveillance de Washington.

L’union des forces démocratiques est traversé par deux courants : les baathistes et les islamistes. Ils sont tous les deux hostiles à Israël. Lors des deux manifestations pro-palestiniennes organisées à Nouakchott, les militants de l’UFD ont été arrêtés par dizaines. Le pouvoir soutient du bout des lèvres la Palestine. Mais ne veut se fâcher avec personne. Sauf avec son opposition.