Mauritanie : Mohamed Ould Abdel Aziz dénonce sa mise à mort politique

L'ex-Président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz

L’ancien Président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, a dénoncé sa mise à l’écart de la scène politique, cinq mois seulement après son départ du pouvoir, alors qu’il s’est fait succéder par son ancien dauphin, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui l’a battu par les urnes.

L’ancien Président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, se dit inquiet et se sent à la limite frustré. Face à la presse, ce vendredi 20 décembre 2019, l’ancien chef de l’Etat a dénoncé sa mise à l’écart de la scène politique, notamment par son successeur et ancien dauphin, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, de même que l’UPR (Union pour la République), le parti qu’il a fondé il y a 10 ans.

« L’UPR vit une crise profonde. Il subit une action de sape, anticonstitutionnelle, dans l’illégalité absolue, de la part de gens qui ne sont même pas membres du parti, sur ordre du pouvoir », a dénoncé l’ex-Président Mohamed Ould Abdel Aziz, très amer, alors qu’il faisait face à la presse, nationale comme internationale.

Face au refus de plusieurs hôtels de la capitale, Nouakchott, de l’accueillir pour les besoins de ce point de presse, l’ancien dirigeant, aurait été contraint de faire face aux journalistes dans son domicile. Point de presse au cours duquel les médias officiels mauritaniens ont brillé par leur absence.

Arrivé à la tête de l’Etat par un putsch en 2008, puis élu en 2009 avant sa réélection en 2014, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui avait choisi comme dauphin l’un de ses plus fidèles compagnons, l’ex-chef d’état-major Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, sera remplacé par ce dernier, au mois de juin 2019. Avec le soutien de l’Union pour la République (UPR), parti fondé en 2009 par Mohamed Ould Abdel Aziz, la candidature de son dauphin est passée comme lettre à la poste.

Alors qu’il avait émis son vœu pieux de rester actif en politique en gardant le contrôle de l’UPR, son successeur, au lendemain de sa prestation de serment, le 1er août dernier, a fait le grand ménage, balayant dans la foulée l’ancienne garde présidentielle, en plus de mettre la main sur l’UPR.

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