Massacre du 28 septembre en Guinée : le ministre Claude « Coplan » Pivi devant le juge ce jeudi

L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW), a appelé ce mercredi 3 juillet à la suspension des accusés de leurs fonctions gouvernementales et invite les autorités à protéger les juges ainsi que les victimes dans le dossier du massacre du stade du 28 septembre, en 2009. Cet appel fait suite à l’inculpation du ministre de la Sécurité présidentielle, Claude Pivi dit Coplan par le pool des juges d’instruction le mercredi dernier.

L’Ong américaine, Human Rights Watch (HRW), hausse le ton contre les accusés du massacre du 28 septembre 2009. Elle appelle à les autorités guinéennes à les suspendre de leurs fonctions gouvernementales et à protéger les juges ainsi que les victimes.

« Les juges ont fait un pas important en faveur de la justice pour le massacre et les viols du stade commis en 2009, en portant des accusations contre une autorité influente de haut niveau. Les autorités guinéennes doivent désormais faire preuve d’engagement pour la justice en mettant Pivi en congé, afin qu’il ne soit pas en mesure d’influencer l’enquête », indique Elise Keppler, conseillère senior à la section Justice internationale.

Le lieutenant-colonel Claude « Coplan » Pivi, ministre guinéen chargé de la Sécurité présidentielle, un poste qu’il occupait déjà au moment des crimes de 2009, a été inculpé le mercredi 28 juin dernier par le pool de juges d’instruction. Il est poursuivi pour meurtres, viols, incendies, pillage, destruction d’édifices et complicité. Il est également attendu à nouveau devant les juges d’instruction ce jeudi 4 juillet pour interrogatoire.

Une menace pour les victimes et les juges

Human Rights Watch s’inquiète pour les juges et les victimes. « Le caractère sensible de l’accusation d’un tel officier de haut rang entraîne un risque accru, aussi bien pour les juges que pour les témoins et les victimes », a remarqué Elise Keppler. « Les autorités guinéennes doivent veiller à ce que les juges, les témoins et les victimes soient protégés contre les menaces ».

Human Rights Watch affirme qu’elle a largement documenté les crimes de 2009 et suivi l’enquête de près. Le 28 septembre 2009, plusieurs centaines d’éléments des forces de sécurité guinéennes avaient fait irruption dans un stade de Conakry, et ouvert le feu sur des dizaines de milliers de partisans de l’opposition qui s’y étaient rassemblés pacifiquement. En fin de journée, au moins 150 Guinéens gisaient au sol, morts ou mourants, et des dizaines de femmes avaient subi des violences sexuelles brutales, notamment des viols individuels et collectifs.

Parmi les accusés figurent le ministre de la Guinée en charge de la Lutte contre le Trafic de drogue et le Crime organisé, le colonel Moussa Tiégboro Camara, et le colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ministre de la Santé à l’époque.