Maroc, Union Africaine : quand Mohammed VI égratigne le Sahara

Dans son message visant à demander la réintégration du Maroc au sein de l’Union Africaine, le roi Mohammed VI n’a pas manqué d’égratigner les Sahara Occidental.

Le roi du Maroc a présenté la demande officielle du Maroc de réintégrer l’Union Africaine. Regrettant que certains pays continuent de prétendre que le Maroc n’a pas vocation à représenter l’Afrique, parce que sa population ne serait pas majoritairement noire, le roi a fait observer que l’Afrique ne se résume pas à une couleur et que « continuer à l’insinuer, c’est mal connaitre nos réalités ».

Pour le roi, « tous ceux qui dénigrent le Maroc font du tort, en fait, aux Africains eux-mêmes. La popularité du Royaume et sa dimension en Afrique, n’étant plus à démontrer, ni à prouver ». Relevant que « l’Afrique, si longtemps négligée, est devenue incontournable et se présente désormais comme un interlocuteur actif et respecté dans le débat sur la Gouvernance mondiale », Mohammed VI a abordé la question du Sahara Occidental. Le roi a indiqué que « l’Afrique institutionnelle ne peut supporter plus longtemps les fardeaux d’une erreur historique et d’un legs encombrant ». Et le souverain de demander : « L’Union Africaine n’est-elle pas en contradiction évidente avec la légalité internationale ? ».

Et Mohammed VI de jeter un pavé dans le jardin sahraoui. « Puisque ce prétendu Etat n’est membre ni de l’Organisation des Nations Unies, ni de l’Organisation de la Coopération Islamique, ni de la Ligue des Etats arabes, ni d’aucune autre institution sous régionale, régionale ou internationale ? L’UA, resterait-elle, en déphasage avec la position nationale de ses propres Etats membres, puisqu’au moins 34 pays ne reconnaissent pas ou plus cette entité ? ». Selon Atlasinfo, le roi a ainsi noté que même « parmi les 26 pays qui s’étaient placés dans le camp de la division en 1984, seule une stricte minorité d’une dizaine de pays subsiste ».

« Cette évolution positive, selon le roi est d’ailleurs conforme à la tendance observée au niveau mondial, en ce sens que depuis l’année 2000, 36 pays ont retiré leur reconnaissance à l’Etat fantôme (…). L’Union Africaine se trouve aussi en total décalage avec l’évolution de la question du Sahara, au niveau des Nations Unies (…). L’UA ne peut donc, seule, préjuger de l’issue de ce processus. Par sa neutralité retrouvée, elle pourrait, par contre, contribuer d’une manière constructive à l’émergence de cette solution », a dit Mohammed VI.