Maroc : une manifestation pacifique s’achève dans la violence

Une trentaine de personnes ont été arrêtées dimanche à la suite d’une manifestation contre la hausse des prix à Sefrou, au Maroc. Quatre responsables de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) ont été interpellés dans le cadre de cette affaire.

Une manifestation organisée dimanche par la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), à Sefrou (située à 200 km de Rabat), au Maroc s’est soldée par de violents heurts entre les manifestants et les forces de l’ordre et une trentaine d’arrestations. « Trente cinq personnes dont un handicapé, deux enfants de 6 et 12 ans et de deux responsables de l’AMDH ont été arrêtées », explique Latifa Bouchoua, membre de la commission administrative de l’AMDH.

« Notre section locale avait organisé cette manifestation pour protester contre la hausse des prix et celles des factures d’eau et d’électricité de 11 à 11h 45. A la fin du sit-in qui s’est déroulé sans incident sur l’une des places de la localité, le responsable de l’AMDH a clos la manifestation. Puis, les participants ont tenu à marcher sur la préfecture. », poursuit la militante qui s’inspire du rapport de la section locale de Sefrou. Selon Latifa Bouchoua, « c’est la police marocaine qui a provoqué les manifestants. Ces derniers ont fait l’objet d’une grande répression : utilisation de gaz lacrymogène et autres…» De même, « les personnes arrêtées ont été battues par la police ».

Quatre militants de l’AMDH sont emprisonnés

Deux autres responsables de l’AMDH venues s’enquérir de l’état des personnes interpellées ont également été arrêtées aux environs de minuit ce dimanche. « Personne n’a encore été libéré, confiait Latifa Bouchoua à Afrik en fin de matinée. « Selon certaines rumeurs dont on n’a pas eu confirmation, les personnes arrêtées ont été déférées à Fès (la capitale de région, ndlr) pour être entendues par le procureur général ».

La protestation de dimanche s’inscrit dans un contexte de ras-le-bol général au Maroc « où les prix de produits essentiels ne cessent d’augmenter alors que les salaires stagnent ».