Maroc : un marchand ambulant meurt après s’être immolé par le feu

Au Maroc, un marchand ambulant de 32 ans est mort dans la nuit de lundi à mardi après avoir tenté de s’immoler par le feu samedi dernier pour contester contre la confiscation de son matériel.

Le Maroc de nouveau touché par le « syndrome Mohammed Bouazizi », ce jeune marchand ambulant tunisien mort le 17 décembre 2010 après s’être immolé par le feu après s’être fait confisquer sa marchandise par la police. Sa mort fut l’un des éléments qui a déclenché le soulèvement populaire en Tunisie et qui a mené à la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier 2011. Dans la nuit de lundi à mardi, c’est un marchand ambulant marocain qui est décédé après avoir tenté de s’immoler par le feu pour protester contre la confiscation de sa marchandise. Originaire de Marrakech, dans le sud du Maroc, Mbarek Elkarrassi, 32 ans, avait été transporté à l’hôpital samedi matin.

« Les autorités locales ont confisqué sa charrette chargée de vieux meubles qu’il vendait pour gagner sa vie. C’est le sentiment d’injustice qui l’a poussé à tenter de s’immoler », a déclaré Mohammed Ghelloussi, représentant de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Marrakech, rapporte Maghreb Emergent. « Les brûlures ont atteint son visage, son ventre et ses mains. Il a été transporté à l’hôpital samedi matin mais il est décédé dans la nuit [de lundi à mardi] », poursuit M. Ghelloussi.

Pour gagner sa vie, Mbarak Elkarrassi achetait de vieux meubles pour ensuite les revendre. Avec sa charrette, il arborait les rues des quartiers populaires de Marrakech. D’après le beau-frère du défunt, Abdelali Idrissi, ce serait le caïd (représentant local de l’Etat) du quartier Essâada qui aurait ordonné la confiscation de sa marchandise et de sa charrette.

Ce nouvel appel au secours qui a viré au drame relance le débat sur la situation précaire de millions de Marocains qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Officiellement, le taux de chômage au Maroc est de 9,1%. Un chiffre absolument contestable selon le Mouvement du 20 février et différentes organisations de protection des droits de l’Homme.

Mbarak Elkarrassi fait désormais partie de cette dizaine de personnes ayant succombé à leurs blessures après avoir tenté de s’immoler par le feu sur fond de contestations lancées en février 2011 en Tunisie dans le sillage du « Printemps arabe ». Un phénomène suicidaire qui depuis février 2011 s’est répandu en Afrique du Nord.