Maroc, terrorisme biologique : ce que révèle l’analyse des produits saisis par le BCIJ

L’analyse des produits saisis au Maroc par le Bureau central d’investigation judiciaire révèle que les produits saisis ne sont pas de la dangerosité d’un « virus mutant » mais sont des mélanges létaux « rudimentaires et artisanaux ».

Le Bureau central d´investigation judiciaire, après deux semaines d’analyse, annonçait le 3 mars, que les produits saisis à El Jadida sont des armes biologiques.

Ce 5 mars 2016, la chaîne belge RTL a pu se procurer le rapport d’analyse des substances saisies lors de l’interpellation au Maroc d’une cellule présumée terroriste, le 18 février. Il a été établi que les éléments du Bureau central d’investigation judiciaire ont mis la main sur « 3 jarres en verre, d’une capacité d’un litre chacune. Deux de ces jarres contenaient chacune 3 morceaux de viande, des citrons coupés en quartiers et une centaine de clous. La 3ème contenait à nouveau des clous et du citron, mais un cadavre de rat à la place de la viande ».

Toujours selon le rapport dont les conclusions ont té reprises par Yabiladi, les mélanges trouvés sont létaux et classés dans la catégorie des armes biologiques. Testés dans des laboratoires sur des souris, précise Jean-Luc Gala, le directeur du centre belge de technologies moléculaires appliquées, elles « sont décédées dans un laps de temps relativement rapide et dans un tableau qui confirme qu’elles sont mortes d’une atteinte de leur système nerveux, avec une paralysie flasque et la mort au bout du compte ».

Pour sa part, Claude Moniquet, un expert en contreterrorisme, précise que les produits saisis ne sont pas de la dangerosité d’un « virus mutant » mais sont « rudimentaires et artisanaux. Ils n’auraient pas fait un grand nombre de victimes » au Maroc. En conclusion, l’espace de l’attentat biologique que projetait de commettre les dix membres de la cellule arrêtée le 18 février reste limité et localisé, probablement un petit marché où les substances auraient été servies à des passants. Ce qui écarte la possibilité de l’attaque à grande échelle.