Maroc, Sahara : les avocats de prisonniers sahraouis expulsés

Alors qu’il s’apprêtait à tenir une conférence de presse pour dénoncer l’injustice subie par les détenus sahraouis, un groupe franco-belgo-espagnol de défenseurs des prisonniers de cette région vient d’être interpellé, puis expulsé du Maroc.

Alors qu’il s’apprêtait à tenir une conférence de presse pour dénoncer l’injustice subie par les détenus sahraouis, un groupe franco-belgo-espagnol de défenseurs des prisonniers de cette région vient d’être interpellé, puis expulsé du Maroc. C’est ce qu’a indiqué le journal L’Express qui se demande si les défenseurs des droits de l’Homme seraient-ils persona non grata au Maroc ?

Le journal précise que le mercredi 6 avril 2016, plusieurs juristes étrangers ont tout juste eu le temps de fouler le sol du royaume chérifien avant que la police les arrête à leur hôtel, puis les expulse. Il s’agit de quatre avocats de prisonniers politiques sahraouis, notamment la Parisienne Ingrid Metton, ses collègues espagnols Mes Maria Nieves Cubas Armas, Juan Carlos Gomez Justo et Altamira Guelbenzu Gonzalo, ainsi que le professeur de droit belge Eric David et le magistrat espagnol Jesus Martin Maria Morillo, précise le site français qui ajoute que les jurfistes se rendaient à Rabat pour vérifier leurs conditions de détention.

Toujours selon L’Express, cette délégation devait donner, ce jeudi 7 avril 2016, une conférence de presse pour « dénoncer l’injustice subie par ces détenus », précisant que Me Metton devait également défendre son client, Namaa Asfari, « en grève de la faim depuis trente-six jours afin de protester contre les tortures infligées par l’appareil sécuritaire marocain ».

Selon Me Joseph Breham, qui travaille avec Ingrid Metton, « arrêter et expulser des avocats agissant dans le cadre de leur mission de défense signe le mépris du Maroc pour les droits de la défense et les canons du procès équitable ».