Qui est Mina El Hammani ? Origine, parents et famille de Nadia (Élite)


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Mina El Hammani
Mina El Hammani actrice hispano marocaine

Mina El Hammani est une actrice espagnole née le 29 novembre 1993 à Madrid, de parents marocains originaires de Salé. Révélée par le rôle de Nadia Shanaa dans la série Netflix Élite, elle est la fille d’un ouvrier du bâtiment arrivé en Espagne sans papiers et d’une cuisinière.

Pour des millions de spectateurs, elle reste Nadia Shanaa, l’élève brillante et déterminée d’Élite, série phare de Netflix. Quand elle rejoint en 2018 le lycée fictif de Las Encinas, l’actrice partage l’affiche avec de jeunes comédiens alors inconnus dont les noms sont aujourdsui célèbres, Omar Ayuso, Miguel Bernardeau, Arón Piper ou Ester Expósito, amie de Kylian mbappé.

Le succès de la série a surtout ouvert autre chose pour elle. Son personnage, adolescente musulmane confrontée au racisme, aux attentes de sa famille et aux contradictions de la société espagnole, a fait d’elle une référence pour de nombreuses jeunes femmes d’origine maghrébine.

Une enfance madrilène dans une famille marocaine

Mina El Hammani naît en 1993 à Madrid. Son père avait rejoint l’Espagne sans titre de séjour, avec l’intention initiale de poursuivre jusqu’en France. Il y est resté et a travaillé toute sa vie dans le bâtiment. Sa mère, arrivée légalement, avait été cuisinière à l’ambassade d’Espagne à Rabat. Les deux se sont rencontrés sur le sol espagnol.

Une trajectoire familiale que reconnaîtront beaucoup de familles installées en France, en Belgique ou aux Pays-Bas. Car derrière la réussite d’une enfant de l’immigration, se trouvent les emplois difficiles des parents, la précarité administrative, l’impression de devoir en faire plus pour obtenir autant.

Chez les El Hammani, le cinéma n’appartenait pas aux habitudes familiales. L’actrice a raconté n’avoir jamais vu un film avec ses parents. Quand elle leur annonce qu’elle veut devenir comédienne, leur réaction relève plutôt de l’inquiétude. Sa mère redoutait les exigences d’un métier dont elle connaissait mal les usages. Son père a fini par éprouver une grande fierté devant sa réussite, même s’il n’a jamais regardé Élite.

L’actrice ne décrit pas pour autant son milieu familial comme un carcan dont elle se serait extraite. Elle revendique les valeurs de travail et de sacrifice transmises par ses parents. La culture marocaine, explique-t-elle, a toujours fait partie de son quotidien, dans un pays, l’Espagne, où elle est née et exerce son métier.

Nadia, un personnage devenu symbole

Affiche Elite
Affiche Elite

Dans Élite, Nadia Shanaa appartient à une famille palestinienne musulmane. Le personnage n’en est pas moins devenu une référence pour une partie du public féminin arabe et maghrébin. Plusieurs spectatrices ont écrit à l’actrice pour lui dire que sa présence à l’écran leur avait donné le courage d’envisager une carrière artistique.

Cette forme d’identification s’est parfois retournée contre elle. Certains téléspectateurs lui ont reproché les décisions prises par son personnage, notamment quand Nadia retire son voile ou boit de l’alcool. Mina El Hammani dit avoir reçu des insultes et des menaces de mort, la frontière entre la comédienne et son rôle s’étant purement et simplement effacée.

En Espagne, son patronyme, son apparence et ses origines l’ont longtemps désignée comme « l’actrice arabe », un peu comme Hiba Abouk, son ainée d’origine tunisienne. Dans le même temps, on lui reprochait de ne pas correspondre à une certaine idée de la femme musulmane ou marocaine. Une double assignation que connaissent bien les enfants de la diaspora, priés de prouver leur intégration dans leur pays de naissance tout en justifiant leur fidélité à celui de leurs parents.

Du succès mondial aux rôles liés à l’immigration

Après Élite, Mina El Hammani a cherché à élargir son registre. Elle a joué une enseignante dans L’Internat : Las Cumbres, puis une agente infiltrée dans Raqa, thriller de Gerardo Herrero où elle donne la réplique à Álvaro Morte. Son personnage, infirmière originaire de Ceuta travaillant pour Europol, participe à une opération visant un dirigeant de l’organisation État islamique.

Avec La tierra de Amira, le lien avec le Maroc et l’immigration devient plus direct encore. Elle y incarne Amira, ouvrière saisonnière marocaine sans papiers employée dans les campagnes espagnoles. Le film suit la rencontre entre cette jeune migrante et un agriculteur solitaire, et s’attache aux rapports de pouvoir comme aux solidarités qui peuvent naître entre deux personnes que tout sépare socialement.

La question qui traverse sa carrière est celle de la place accordée aux immigrés à l’écran, trop souvent réduits à une menace ou à un décor social. Elle vaut pour l’Espagne autant que pour la France, où les comédiens d’origine maghrébine se voient régulièrement proposer les mêmes rôles d’habitant de banlieue ou de clandestins.

Mina El Hammani ne demande pas que les histoires marocaines ou musulmanes disparaissent des écrans. Elle voudrait simplement que les acteurs issus de l’immigration puissent aussi interpréter des personnages dont l’origine n’est pas le sujet.

Zainab Musa
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Zainab Musa est une journaliste collaborant avec afrik.com, spécialisée dans l'actualité politique, économique et sociale du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest. À travers ses enquêtes approfondies et ses analyses percutantes, elle met en lumière des sujets sensibles tels que la corruption, les tensions géopolitiques, les enjeux environnementaux et les défis de la transition énergétique. Ses articles traitent également des évolutions sociétales et culturelles, notamment à travers des reportages sur les figures influentes du Maroc et de l’Algérie. Son approche rigoureuse et son regard critique font d’elle une voix incontournable du journalisme africain francophone.
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