
Le gouvernement marocain a annoncé l’abandon de l’heure supplémentaire appliquée depuis 2018 et le retour au fuseau horaire de Greenwich (GMT) à la fin de l’été. Cette décision intervient après plusieurs années de débats autour du changement d’heure et à la suite de nombreuses demandes formulées par des citoyens, des associations et différents acteurs de la société civile.
Le Maroc s’apprête à tourner une page ouverte en 2018 avec l’instauration de l’heure GMT+1 tout au long de l’année, à l’exception du mois de Ramadan. Réuni en Conseil de gouvernement, l’exécutif a annoncé le retour à l’heure légale correspondant au fuseau de Greenwich. Cette mesure met fin à un dispositif qui avait profondément modifié l’organisation quotidienne du pays durant près de huit ans.
Une réforme adoptée en 2018
Depuis son entrée en vigueur, le maintien permanent de l’heure supplémentaire avait suscité des réactions récurrentes dans plusieurs secteurs. Les autorités avaient régulièrement défendu ce choix en mettant en avant des arguments liés à l’économie, à l’énergie et aux échanges commerciaux avec les partenaires européens. Malgré ces justifications, le débat est resté présent au sein de l’opinion publique.
Le changement remonte au décret adopté en octobre 2018 sous le gouvernement dirigé par Saâd-Eddine El Othmani. Cette réforme avait instauré de manière permanente l’heure GMT+1 sur l’ensemble du territoire national. Seule exception : le mois de Ramadan, période durant laquelle le pays revenait temporairement à l’heure GMT avant de rétablir l’heure supplémentaire à la fin du mois sacré.
Synchronisation avec les principaux partenaires économiques du Maroc
À l’époque, les autorités avaient expliqué que cette mesure devait favoriser une meilleure synchronisation avec les principaux partenaires économiques du Maroc, notamment les pays de l’Union européenne. Le gouvernement estimait également que cette harmonisation pouvait contribuer à améliorer l’efficacité des échanges commerciaux et à réduire certains coûts liés à la consommation énergétique.
Dès les premières semaines d’application, plusieurs mouvements de contestation avaient émergé. Des pétitions avaient circulé sur les réseaux sociaux et différentes organisations de la société civile avaient demandé l’abrogation du dispositif. Les critiques portaient notamment sur les conséquences du décalage horaire pour les élèves, les travailleurs et les familles.
300 000 signatures pour le retour définitif à l’heure GMT
Au fil des années, les revendications se sont poursuivies. Plusieurs associations ont organisé des campagnes de sensibilisation et multiplié les démarches auprès des autorités. En avril dernier, une organisation non gouvernementale a indiqué avoir recueilli près de 300 000 signatures réclamant le retour définitif à l’heure de Greenwich. Cette mobilisation s’est ajoutée à d’autres initiatives menées depuis plusieurs années.
Parmi les préoccupations régulièrement exprimées figurent les horaires scolaires. De nombreux élèves étaient amenés à quitter leur domicile avant le lever du soleil pendant une partie de l’année. Cette situation concernait particulièrement les périodes hivernales, lorsque les journées sont plus courtes.
Aziz Akhannouch confirme le retour au fuseau horaire de Greenwich
D’autres critiques portaient sur les rythmes biologiques et l’organisation quotidienne. Plusieurs citoyens estimaient que le maintien de l’heure supplémentaire influençait leurs habitudes de sommeil et leurs horaires de travail. Les questions liées aux déplacements matinaux et à la sécurité routière avaient également été évoquées dans les débats publics entourant cette réforme.
Lors d’une réunion gouvernementale, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a confirmé la décision de revenir au fuseau horaire de Greenwich. Il a indiqué que cette orientation faisait suite à l’examen des demandes exprimées par une partie de la population et aux observations recueillies au cours des dernières années.





