Maroc : Ramadan pour tous !

Ils sont étrangers et non-musulmans mais ils ne peuvent échapper au Ramadan à Rabat, au Maroc, leur ville de résidence. Certains s’en sont rendus compte à leurs dépens.

Plus qu’une pratique religieuse, faire le ramadhan est devenu dans certaines villes une coutume. Exemple à Rabat, où il semble malvenu de se nourrir au vu et au su de tous. Barnabé est un français[[Nom et nationalité d’emprunt]] installé dans la capitale politique marocaine depuis quelques mois où il travaille pour une organisation internationale. Il en a fait la déconcertante expérience. « Je me suis fait remonter les bretelles par un chauffeur de taxi à un feu rouge parce que je buvais de l’eau au volant. Pour lui, cela ne se faisait pas. En dépit de la plaque d’immatriculation de ma voiture et de mon aspect physique qui indiquaient que j’étais étranger, mon comportement était inexcusable, selon lui. J’avais beau lui expliquer qu’il faisait chaud et le profond respect que j’avais pour les musulmans, ça n’a pas suffi à le calmer. Au contraire. Heureusement, le feu est passé au vert. Je pense que si nous étions à Marrakech, une ville plus touristique, les choses se seraient passées autrement. Les gens y sont plus habitués aux étrangers ».

Respecter la tradition

S’attirer les foudres des passants pour avoir goulûment mordu dans le pain qu’on vient d’acheter. C’est ce qui est arrivé à un autre « mécréant », cette fois-ci de nationalité ghanéenne, travaillant également à Rabat. Un haut fonctionnaire international, qui a requis l’anonymat, raconte la mésaventure de son collaborateur. « Il est allé acheter du pain en pleine journée, explique-t-il. Le boulanger l’a servi en pensant qu’il le réservait pour l’iftar (rupture du jeûne). Mais au lieu de ranger son pain, mon collaborateur s’en est offert une bouchée parce qu’il avait faim. Immédiatement, des gens se sont approchés pour lui dire qu’il ne pouvait pas manger à cette heure-là. Il leur a répondu qu’il n’était pas musulman. Réponse de ses interlocuteurs : « Tu es dans un pays musulman, tu respectes la tradition ».

Pour éviter tout quiproquo, la meilleure façon de faire est peut-être celle qu’a trouvée le diplomate, originaire d’Afrique centrale. « Je jeûne comme les musulmans. Cela m’est certainement moins pénible que pour les Marocains parce que j’ai l’habitude de ne prendre qu’un repas par jour, à 19h. Et puis, c’est plus simple d’avoir le même rythme que ceux avec qui vous travaillez toute la journée. » Et le fonctionnaire international se plie à la tradition au-delà des frontières marocaines. En déplacement récemment dans une grande capitale européenne, il s’est privé de déjeuner à la grande surprise de certains des convives qui partageaient le repas avec lui.

Pour tous ceux qui n’auraient pas la force de faire le ramadan et qui résident à Rabat, une seule consigne s’impose afin d’éviter l’ire des pratiquants : manger en toute discrétion. Bon ramadan à tous !