Maroc : prochain « leadership » du cinéma arabe ?

Le gouvernement marocain et les professionnels de la cinématographie ambitionnent l’émergence d’une « véritable industrie ». Le royaume semble résolu à réinvestir de plus belle le marché du cinéma.

Lancé pour la première fois le 16 octobre 2012, l’édition des assises nationales du cinéma prend fin ce jeudi en présence du ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, du président du Centre cinématographique marocain (CCM), Nourredine Sail, et des professionnels du cinéma national. Conclusion, le gouvernement marocain semble déterminé à sauver son marché cinématographique. Sans complexe, il affiche son ambition d’occuper une pole position dans le monde du cinéma arabe. Dans un message adressé aux assises, le roi Mohammed VI a exprimé sa volonté de voir « émerger une véritable industrie nationale ». Il a également invité les participants à contribuer à l’élaboration d’un « plan de mise à niveau globale » de l’industrie cinématographique du pays.

El Khalfi et le CCM s’accordent pour « l’élaboration d’une stratégie nationale afin de promouvoir une véritable industrie cinématographique et faire face à la concurrence internationale ». Un baroud qui passera avant tout par l’amélioration de la qualité des productions marocaines, et ce, en profitant des progrès « des nouvelles technologies », ou encore la lutte contre le piratage. Les grandes lignes seront consignées dans un livre blanc, selon Libe.ma.

De leur côté, les professionnels du 7e art attendent du gouvernement un accroissement du soutien financier pour leur permettre de « maintenir ce leadership ». Sans cette aide, « il n’y aura pas de cinéma, ni en Afrique ni dans le monde arabe », assure Nourredine Sail. Mustapha El Khalfi promet de la rehausser, à partir de 2013.

Le Maroc est le seul pays arabe et africain qui dispose d’un fonds d’aide pour la production cinématographique. Il est aussi l’un des rares pays africain à promouvoir le développement de festivals du film, les plus célèbres étant ceux de Marrakech, Khourigba, Tanger et Salé (festival de films de femmes). « Au Maroc nous voulons rester maîtres de nos images, créer un marché intérieur et fortifier les festivals qui sont une sorte de soutien », conclut le directeur du CCM, dont l’établissement rapporte chaque année au Maroc plus de 120 millions de dollars.

Chaque année, une vingtaine de longs-métrages et une cinquantaine de courts-métrages sont produits au Maroc où de nombreuses firmes internationales viennent y tourner leurs films.