Maroc : première promotion de prédicatrices

C’est une première dans le pays. Le ministère marocain des Affaires islamiques vient de former 50 prédicatrices, qui délivreront l’enseignement du Coran dans les moquées ou encore les prisons et les usines. Une initiative que saluent certaines femmes, espérant que le Coran sera lu avec plus d’« ouverture ».

Le Maroc vient de former ses 50 premières prédicatrices de l’islam. Cette promotion de mourchidate, qui devrait bientôt être suivie par une autre, a été formée par le ministère des Affaires Islamiques. Recrutées comme hauts cadres de cette instance, elles sont, entre autres, spécialisées dans la jurisprudence de l’Islam. Ces femmes oeuvreront dans les mosquées, les usines, les prisons et auprès des médias.

Leurs rôles seront multiples : « Les Mourchidate marocaines ont été formées pour encadrer notamment les femmes dans les mosquées. Il s’agit d’une très bonne initiative en vue d’un encadrement organisé afin d’éviter l’improvisation dans le champs religieux », a déclaré, dimanche à l’AFP, Bassima Hakkaoui, député et membre du secrétariat général du Parti Justice et Développement (PJD, opposition islamiste modérée du parlement marocain). Au programme également, selon cette même source, qui précise que c’est une première au Maghreb : la lutte pour contre l’analphabétisme et le renforcement de la « cohésion sociale ».

Espoir d’une « lecture qui donnera plus de droits à la femme »

A la Ligue démocratique pour les droits des femmes, fédération regroupant plusieurs associations, on ne cache pas son enthousiasme. « Les femmes vont jouer un rôle très important. C’est très important d’en avoir dans les mosquées, les prisons et ailleurs car, maintenant, elles pourront expliquer le Coran à ceux qui veulent en savoir plus sur l’Islam. Avant, seules les hommes pouvaient remplir cette tâche. Nous espérons que les femmes feront une lecture plus ouverte que les autres, une lecture plus souple qui donnera plus de droits à la femme », souligne Bouchra Abdou, membre de cette association.

Plus de droits, mais aussi plus de liberté. Fatima, une Marocaine proche du pouvoir qui a préféré taire son nom de famille, estime que cette promotion représente une avancée énorme. « Certaines femmes sont discrètes et n’osent pas demander aux hommes certaines choses concernant la religion. Cette mesure est plus adaptée, plus pratique et plus clair », estime-t-elle. Cela donnera-t-il des idées aux autres pays ?