Maroc : Mohammed VI « un roi symbolique », la goutte de trop ?

Le roi du Maroc, Mohammed VI

La marche initiée au Maroc, par des milliers de personnes dans les rues de Casablanca, pour exiger la libération des détenus politiques et lancer un appel pour une vraie démocratie est-elle révélatrice d’une situation de tension ambiante au royaume où un pas de trop a été posé de part et d’autre ?

La manifestation, organisée par le Front social marocain (FSM), un collectif récemment mis sur les fonts baptismaux et regroupant quatre partis de gauche, des organisations syndicales des associations de défense des droits de l’Homme, entre autres, intervient, curieusement, quelques jours seulement après la confirmation de la peine de prison infligée au youtubeur marocain Mohamed Sekkaki. Verdict qui avait d’ailleurs créé l’indignation.

Selon le jugement rendu en effet, Mohamed Sekkaki a écopé d’une peine de quatre ans de prison ferme et d’une amende de 3 800 euros pour avoir critiqué le roi Mohammed VI ou des institutions du royaume à travers des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Mardi 18 février dernier, le tribunal de Settat, au sud de Casablanca, a confirmé, le jugement du youtubeur, arrêté le 30 novembre 2019, après une publication.

La vidéo incriminée contenait, selon le journal marocain Al-Yaoum 24, « des injures à l’encontre des citoyens marocains et des propos touchant à leur dignité et à leurs institutions constitutionnelles ». En réalité, ce qui aurait irrité le palais royal, ce sont les déclarations faites par le youtubeur, qui avait asséné : « Vous n’êtes qu’un roi symbolique ». Dès lors, c’est Mohammed VI qui serait personnellement visé. Une ligne rouge ainsi franchie par Mohamed Sekkaki dans sa vidéo.

Mais aussi, visiblement, une autre ligne rouge franchie, cette fois, par les autorités marocaines, puisque cette condamnation a déclenché un mouvement de protestation qui s’est caractérisé par une descente dans les rues de Casablanca, de milliers de Marocaines et de Marocains pour dire leur ras-le-bol face à ces condamnations jugée abusives. Notons que cette marche visait aussi à dénoncer les « inégalités sociales ».